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lundi 4 février 2013

Je suis une Mère tigre, et alors ? ... Lâchez-moi les rayures !

Une Mère Tigre aime toujours ses enfants !

Nous sommes en 2013, en direct du Sparkling blog, et vous croyez toujours ce que l'on vous dit à la télévision, bonsoir !

Depuis un peu plus d'un an, je vois fleurir partout sur la blogosphère et dans les médias traditionnels, des articles fustigeant à qui mieux mieux, les « Mères Tigres » aux méthodes d'éducation rigoureuses, sévères et visant l'excellence. A l'ancienne, quoi ! C'est sûr que par rapport aux principes d'éducation occidentale actuels, hérités de Mai 68 et de l'ère Dolto, qui font de notre progéniture des enfants-rois tout-puissants, cela bouscule et pas qu'un peu.

Je m'étais déjà interrogée sur le sujet, ayant moi-même des origines asiatiques et étant éduquée de manière stricte (tu peux aller voir mon article ici : Maman Tigre ou l'éducation à la Chinoise ...). Eh bien, j'ai choisi. Mon Tibouchon va avoir 7 ans cette année et ma Chouquette a 19 mois. Quand j'entends les gens remarquer que mes enfants sont sociables, polis et respectueux, je n'en suis que très fière. Ce sont les priorités de mon éducation. Mes pimousses saluent toujours les adultes, disent toujours merci et au revoir en partant. La discipline est essentielle. L'insolence n'est pas tolérée. J'édicte des règles fondamentales qui sont de mise à la maison, à l'école et en dehors : elles ne sont pas négociables. Aucun compromis. Toute entorse est sanctionnée. Croyez-vous que mes enfants sont maltraités, déséquilibrés ou au bord du suicide ?

Mon grand garçon a fait sa rentrée au primaire cette année. Il a sauté le CP car il a su lire et compter en apprenant tout seul. Pas de séance de coaching intensif ni de méthode d'apprentissage ultra-révolutionnaire. Nous avons fait ce choix pour qu'il se sente mieux dans ses baskets et éviter qu'il ne décroche. Depuis son entrée au CE1, je surveille ses devoirs, je lui fait rattraper les notions qu'il n'a pas acquises en faisant des exercices supplémentaires, je lui fait recopier son exercice s'il n'y a pas mis le soin nécessaire, je lui fait faire des pages d'écriture pour qu'il améliore ses pattes de mouches. Je veux constamment qu'il progresse, je lui enseigne la persévérance et la valeur du travail. Il sait que s'il se fait punir à l'école parce qu'il s'est mal conduit, la punition est automatiquement doublée à la maison. Résultat : il se dissipe peu, s'applique plus en classe et ne rencontre aucune difficulté particulière. A côté de cela, il fait de la capoeira le mercredi après-midi, il va au musée voir des expositions sympas, il fait des crêpes ou de l'origami le dimanche après-midi, il joue au foot avec les copains devant la résidence, il va aux anniversaires et file à vélo à travers le parc ... et on mange même des frites à la maison !

J'apprends à ma Chouquette à manger seule et proprement, je la mets déjà sur le pot depuis septembre dernier, je lui apprends à compter jusqu'à 10 en français et en anglais, je lui fait faire des tours avec ses cubes, je la reprends sur les mots qu'elle ne prononce pas bien ... En est-elle plus angoissée pour autant ?

Je l'avoue donc sans complexes : je suis une Mère Tigre, et alors ? Qu'y a-t-il de mal à vouloir le meilleur pour ses enfants ?

Pourquoi ? Il est toujours plus facile de serrer les boulons maintenant que d'essayer de donner des tours de vis une fois la machine grippée. Après, il sera toujours temps de lâcher du lest. Je préfère avoir le mauvais rôle maintenant, comme l'ont eu mes parents il y a une trentaine d'année. Aujourd'hui, je leur dis merci (même si ce n'est pas pour tout ... mais personne n'est parfait, je ne vais pas vous l'apprendre). Si je suis aussi exigeante, c'est pour les préparer au mieux à leur vie future. Le monde dans lequel nous vivons, ce n'est pas le Club Med ! La pression est énorme : dans 30 ans, si mon fils a une vie minable, vivotant de petits boulots et peinant à faire vivre sa famille, je me sentirais alors coupable d'avoir négligé de l'éduquer et de l'instruire. Voilà le mot : négligence. Une chose que je ne me pardonnerai jamais. Est-ce que j'en serais là si mes parents avaient été laxistes et ne m'avaient pas posé de limites, pour mon bien-être mental et mon épanouissement ? Mes parents nous punissaient à coups de baguettes de bois ou de plumeau en bambou. Suis-je une psychopathe refoulée ou une mère haineuse avec un complexe d'infériorité aussi gros que le QI d'Einstein ? (celui qui répond oui, je le finis à coups de tong en plastique !)

Bien qu'elle trouve ses origines dans les préceptes chinois, la Tiger Mom n'a pas toujours été l'apanage des mères chinoises ou japonaises. De plus en plus, j'en ai des exemples autour de moi : ces mères sont antillaise, camerounaise, pakistanaise, tunisienne, mexicaine, cambodgienne, vietnamienne et même française ! Oui, madame ! Toutes sont sévères et exigeantes, toutes à des degrés différents. Ce que certains n'ont pas encore compris, c'est que les reportages ciblent souvent des cas extrêmes (notez bien qu'il y a des dérives partout, dérives qui font les choux gras de beaucoup) et que les raccourcis sont très vite faits. Un reportage de l'émission 66 Minutes ... laissez-moi rire ! La séquence aurait bien moins choqué l'opinion si elle avait montré le quotidien d'une famille menée, badine au poing, par une « Mère Tigre » canadienne ou belge. 

Par cet article, je ne tente pas de faire l'apologie de ce mode d'éducation (genre, il faut éduquer vos enfants comme les miens, c'est LA meilleure façon) ou de cracher sur l'éducation non-violente et plus permissive (ouais, tous des hippies yeah). Ce n'est pas mon but, chacun voit midi à sa porte. C'est juste pour vous donner des pistes pour mieux comprendre cette façon d'éduquer, face à des jugements hâtifs basés sur des clichés. Je précise également que je suis ouverte à la discussion (par mail ou dans les commentaires), mais que je n'autorise aucune insulte.

Et je le rappelle, je ne cautionne pas les extrémistes.

Voilà, maintenant vous pouvez éteindre Internet et reprendre une activité normale.


A'tchao, bonne semaine !

C'était mon pavé chinois pour la mare de la Mère Cane.







lundi 5 novembre 2012

Service après-vente des voyages ... la suite et c'est du lourd !



Comme tu le sais déjà, je travaille en agence de voyages. Je fais du sur-mesure pour mes clients. A la demande, pas un produit tout fait en catalogue. Et de temps en temps, il m’arrive de recevoir un petit mot par ci, par là, pour me faire part de remarques farfelues au retour d'un voyage. Si tu as raté le premier épisode, tu peux l’avoir en replay ici. 

Le billet d'aujourd'hui est une spéciale dédicace pour la Madame Maman de la Mère Cane qui a adoré le premier SAV. J'espère que vous allez aimer celui-ci particulièrement gratiné !

Dernièrement, voici ce qu’il m’a été donné de lire …

… celui qui rentre du VIETNAM :

Chère Madame,

Nous étions venus vous voir pour notre projet de voyage au Vietnam, projet dont nous rêvions depuis très longtemps. C’est un pays où nos parents étaient venus importer le travail et le commerce. Nous y sommes nés et y avons passé une petite partie de notre enfance. C’est vous dire si ce projet nous tenait tant à cœur.

Nous nous sommes adressés à vous, pensant que vous aviez une parfaite et profonde connaissance de votre pays. Nous constatons à présent que vous nous aviez dressé un portrait un peu trop idyllique, voire même mensonger de la destination.
Lors de notre arrivée sur place, nous avons été frappés par l’urbanisation effrénée de la ville de Hô Chi Minh. Seuls quelque bâtiment rappellent encore l’époque française et tout le charme d’antan fait place maintenant à des constructions massives et modernes. La plupart des quartiers ressemblent à un immense bidonville insalubre et criant de pauvreté !
Lorsque vous nous aviez parlé de Hoi An, vous nous aviez décrit une « petite ville portuaire où le temps semble s’être arrêté ». Nous recherchions de l’authentique et voulions partir à la rencontre de la population. Le marché aux poissons était minable et peu fréquenté. Les abords de la rivière sont bétonnés de maisons au cachet artificiel et envahis de mendiants. Où sont donc passés les belles maisons construites sur pilotis, aux toits de tuiles vernissées ?
La citadelle de Huê, ville censée être l’ancienne capitale impériale, est injustement surnommée « la Cité Pourpre Interdite » et ne vaut pas celle de Pékin ! Grandeur ? Splendeur ? Ce n’en est qu’une pauvre imitation de pacotille.
Que dire de Hanoi qui n’est qu’une capitale grise, malodorante et sinistre ? Les musées sont délabrés et ne proposent aucune collection digne de ce nom et comparable à ce que nous pouvons trouver dans nos musées européens. Payer des droits d’entrée exorbitants pour admirer de vagues bibelots succinctement étiquetés, cela frôle l’arnaque.

Quant au guide francophone dont nous avions l’assistance, il faut savoir que son niveau de langue était médiocre : il parle avec un fort accent vietnamien. Nous avions eu du mal à comprendre ses explications. N’auriez-vous pu nous attribuer les services d’un guide d’origine française sur place afin de nous rendre le voyage plus agréable ?

En conclusion, nous vous reprochons de nous avoir vendu de la « fumée », un vaste mensonge tout au plus car l’authenticité décrite n’était certainement pas au rendez-vous ! Nous déplorons ce manque de sincérité et regrettons de vous avoir fait confiance. Car, au lieu de nous ramener sur les pas de nos parents à l’époque française, vous nous avez expédiés dans un pays pauvre fait de béton et de tôles ondulées.

Croyez bien, Chère Madame, que nous déconseillerons à l’avenir, à tous nos amis, de partir dans ces contrées si bien décrites par vos soins, mais si décevantes dans la réalité.

Monsieur et Madame Longcochon de Montéton de la Tannière

Comment ? Je ne connais pas MON pays ?!!! Alors là, je me dois de répondre ... même si ce n’est que sur mon blog et pas en vrai (oui, car ils sont parmi les clients VIP de notre agence et je ne peux pas leur envoyer de l’anthrax ni un bon pavé dans la tronche). Un petit rappel historique s’impose ainsi qu’un petit recadrage.

Madame, Monsieur,

Je reviens vers vous suite au dernier courrier que vous m’avez adressé à votre retour de voyage. Je prends bien note de toutes vos remarques et souhaite vous faire part de quelques éclaircissements.

Je comprends votre déception de retrouver un pays en plein développement, cheminant vers l'avenir …  image si opposée à celle que vous avez, du temps où vos parents sont venus fièrement coloniser puis saccager mon pauvre pays, autrefois si riche (je vous le rappelle). Le portrait que je vous avais brossé de la destination est juste celui que je connais personnellement et que je vends depuis bientôt 12 ans. En effet, le Vietnam est le pays de mes origines et il m’a été donné d’y voyager trois fois, par mes propres moyens et loin des bulles aseptisées que sont les troupeaux de touristes en quête d’exotisme et de shopping bon marché. Parlant couramment la langue, j’ai pu découvrir au cours de mes périples les réalités de ce pays et aller à la rencontre de mon peuple, expérience que j’ai pu partager avec vous lors de vos venues à nos bureaux.

Je tiens également à vous rappeler que le Vietnam est un pays qui sort, relativement récemment, d’une guerre fratricide et meurtrière, due notamment à une certaine conférence de Genève instiguée par la France (entre autres) pour diviser le pays en deux. Cela a eu pour conséquence de désigner le territoire vietnamien comme position stratégique et immense champ de bataille pour les belligérants de la Guerre Froide. Ne dit-on pas qu'il faut «  diviser pour mieux régner » ? Ou bien était-ce juste pratiquer la politique de la terre brûlée, voire les deux finalement ?

Cette guerre a donc, et vous le comprendrez aisément, grandement dévasté le patrimoine architectural, archéologique et culturel, mais aussi mis à genoux toute une économie autrefois florissante. Les bidonvilles, la pauvreté et les hordes de mendiants que vous avez pu remarquer au cours de vos visites n’en sont qu’une des dramatiques conséquences. Je suis désolée que tout cela ait pu vous choquer. Il est vrai que la pauvreté n’existe pas en France et qu’il est difficile pour vous de réaliser qu’il existe des gens vivant ainsi de nos jours.

Parlons architecture … En ce qui concerne les maisons sur pilotis, il me semble difficile d’en trouver en pleine ville, loin de tout fleuve ou du bord de mer. Ce type de construction est adapté au milieu aquatique ou aux zones inondables. Verriez-vous l’utilité d’avoir ce type d’habitation à Montmartre, par exemple ? Pour votre information, les tuiles bleues vernissées sont un matériau de construction de haute qualité exclusivement utilisé dans la Chine ancienne, ces tuiles étant réservées uniquement aux bâtiments impériaux ou aux résidences de nobles et d'officiels de haut rang. Vous n’en trouverez donc pas sur les maisons à pilotis faites de bric et de broc car elles n’abritent ni empereur, ni roi, ni mandarin, ni aucun noble ou officiel du gouvernement.
Notez également que le Vietnam a connu près de 11 siècles de domination chinoise. Le Palais impérial de Huê ne saurait être aussi immense et aussi splendide que la résidence des Fils du Ciel à Pékin.

Nous sommes aujourd’hui entrés dans le XXIe siècle. Ne trouvez-vous pas normal pour tous les pays d’amorcer un développement économique et d’accéder à la modernité ? Le paysage français n’intègre-t-il pas des gratte-ciels modernes et des immenses constructions contemporaines ?

Vous nous faites également part de votre mécontentement à propos du guide local. Celui qui vous a été assigné est un guide chevronné qui a toujours amplement satisfait nos clients. Qui serait mieux placé pour vous parler du Vietnam qu’un Vietnamien qui a étudié le français afin de pouvoir communiquer avec vous ? Et sauriez-vous parler anglais ou viet sans aucun accent qui trahirait votre origine française ?

En conclusion, je déplore que vous ne vous soyez pas plus renseigné sur l’histoire du pays que vous aviez prévu de visiter. Cet éclairage préalable vous aurait permis de comprendre un peu plus le contexte actuel de votre voyage. Je regrette également que ce voyage n’ait pas répondu à vos attentes d’authenticité et à votre nostalgie colonialiste. Il aurait été plus judicieux de vous orienter vers une destination plus approprié à vos goûts, telle la Creuse ou le plateau du Larzac.

Croyez bien, Chère Madame et Cher Monsieur, que je serai ravie de ne plus vous revoir sur nos lignes. Cela me ferait bien, mais alors vraiment bien (!) suer d’avoir à me mettre en quatre pour satisfaire vos esprits aussi étriqués et méprisants.

Alors … BON VENT !

Sophie Sparkling
(passablement bien énervée de voir si peu d’intelligence et autant de médiocrité chez ses clients)

PS : Je peux vous donner une petite liste « top sélection » de concurrents que vous pourrez aller emmerder pour préparer vos prochains voyages. Y a pas de quoi, c’est cadeau !


Cher vilain petit client, si tu me lis par le plus grand des hasards, sache que toute ressemblance avec des personnages existants (toi en l'occurence) ou des situations réelles est purement fortuite.

Tu voulais du bon pavé made in Vietnam pour bien commencer la semaine ?




lundi 1 octobre 2012

[Pavé primeur] Toi crémière ... Moi mauvaise mère ... et alors ?

Samedi dernier, je flânais tranquillement au marché avec mes deux pimousses : Chouquette solidement attachée dans la poussette et Tibouchon faisant le pitre tout à côté.
    
Je m'arrête au stand de la crémière pour notre dose hebdomadaire de fromage qui pue et fais la queue tranquillement parmi les petits vieux. Au bout d'une dizaine de minutes, des cris s'élèvent de la poussette. Chouquette balançait des claques et des coups de pieds à son frère qui lui faisait des grimaces pour la distraire. Il faut bien préciser que notre Chouquette n'est pas aussi douce que le sucre ... non, non, non .... C'est qu'elle a un sacré caractère et la main leste. Son frère prend cher quand il contrarie Mademoiselle-la-Princesse.

J'entends donc mon Tibouchon qui la prévient, une fois : « Tu n'as pas le droit de me taper, ça fait très mal ! Pas de coup de pied non plus ! Tu voudrais que je te fasse la même chose ? Ben non ! Alors, tu arrêtes tout de suite ! ».

Un cri perçant, puis « PAF ! ». 

J'entends Tiboucon qui se fâche et qui met une légère tape sur la main de sa soeur tout en lui faisant les gros yeux. Ni une, ni deux, Chouquette se met à faire une comédie à grands cris et pleurs dignes de Sarah Bernhardt !

Et là, la crémière me jette un regard désapprobateur et dit devant la ribambelle de petits vieux :

« Vot' fils vient de cogner la petiote ! 
- Oui, je sais. Et non, il ne l'a pas cognée.
- Et vous n'faites rien ? Ce sont vos gosses, au moins ?
- Non, il a raison. Et oui, ce sont les miens. 
- Les deux sont à vous ? Le grand et la petite ? (au cas où j'aurais du mal à les situer ...)
- Ben oui, pourquoi ? T'es de la gestapo ?
- Il dérouille sa petite soeur et vous ne faites rien ?! (genre il lui a mis une grosse bègne en pleine tête et elle a fait trois tours dans sa poussette ...)
- Si je ne me trompe pas, il l'a prévenue il y a une minute à peine. Il s'est donné la peine de lui expliquer qu'elle n'avait pas le droit de taper son frère aîné. Elle l'a regardé dans le blanc des yeux et elle a recommencé. Il a eu raison de lui donner une petite tape sur la main. Elle saura qu'il ne se laisse pas faire, que ça fait mal et elle ne recommencera plus.
- Mais vous trouvez ça normal, hein ?! (dit-elle en recherchant l'avis de l'assistance d'un regard réprobateur)
- Je viens de vous l'expliquer, non ? Il ne l'a pas agressée gratuitement, alors ...
- Mais sspâ possible ...
- Bon, Madame ... Je ne vais pas perdre mon temps à expliquer mes principes d'éducation (de Mère Tigre). Chacune son métier. Faites votre crémière et vendez moi mon fromage, qu'on en finisse. Et moi, je me contenterai d'être une mauvaise mère. Ça vous va ???!!!
- ...
- Ben voilà ! Et hop hop hop, mon fromage ! ».

Ca me hérisse le poil ! 
Je n'adopte peut-être pas la meilleure méthode ... quoique labellisée Maman Tigre/Mère Indigne (rayer la mention inutile). Mais personne n'a jamais eu à se plaindre de mes pimousses.
Ces gens qui veulent me dire comment éduquer MES enfants ... comment dire ? T'as vu les tiens avant de regarder les miens ??? Les donneurs de leçons gratuites, ça m'énerve !
J'accepte la critique et les conseils, mais sur un autre ton. Là, j'ai juste eu l'impression d'être une criminelle.

Peut-être suis-je trop susceptible, non ? 
Et toi, comment tu fais dans ce genre de situation ?

C'était mon pavé tout frais en direct du marché pour ma Mère Cane :)



lundi 30 avril 2012

[Big pavé] La blogo n'est pas qu'une grande famille ...

... c'est avant tout une grande cour de récré !

Niveau Mat' Sup' ... oui oui, Maternelle Supérieure.

En arrivant sur la blogo il y a environ un an, je pensais que c'était un espace d'expression libre où chacun pouvait avoir sa place, sans censure.

Je constate juste que si tu dis que tu ne te sens pas d'allaiter parce que tu trouves ça zarb, t'as toutes les extrémistes du nichon qui rappliquent en meute pour te lyncher. Si tu as le malheur de dire que tu mets des couches jetables à ton bébé ou que tu es une adepte du bléditruc pas bio, t'es une mauvaise mère responsable du trou dans la couche d'ozone. Si tu fais trop d'articles sponsos ou de partenariats, t'es une vendue. Si tu reçois trop de poussettes tous terrains à essayer ou ton poids en dragibus, tu suscites des jalousies. Et puis, n'essaie même pas de parler politique ou racisme ou dépression post-natale ou IVG ...

Attention, je ne nomme personne en particulier dans mon billet. C'est juste un constant navrant que je dresse. Tout le monde le sait, la blogo n'est pas le Pays de Candy peuplé de Bisounours et de Winnie à la guimauve.

Je vois des gué-guerres par blogs interposés ou par comms Facebook, des esprits qui s'échauffent parce qu'ils n'arrivent pas à comprendre que "t'expliquer pourquoi tu te trompes, ce n'est pas t'insulter", des attaques souvent gratuites parce que certains pensent avoir le monopole des soirées "blogueurs/blogueuses".

T'as surtout l'impression que bloguer rime avec business, marketing, concurrence, part de marché, performance, ... alors qu'à la base, t'as juste ouvert ton espace perso pour partager tes passions/tes coups de gueule/tes coups de coeur/ton avis, raconter la life et te sentir moins seul. Oui, toi là derrière ton clavier, tu fais partie du commun des mortels comme moi, comme elle, elle, lui et l'autre au fond là-bas aussi ... Nous avons tous commencé au même niveau, ne l'oublions pas : un premier article, puis deux, puis dix ... Au début, nous avions un lecteur, puis dix, puis 40, puis cent ... Des partenaires sont venus avec des jouets par milliers, des invitations à des opés' ont fleuri dans les boîtes mail. Certains sont maintenant plus connus que d'autres, écrivant avec plus ou moins de talent. D'autres ont juste choppé le gros melon ...

«  Mais qu’est-ce qu’elle veut, la morveuse là ? Sérieux, tu veux pas la fermer ? »
Le morveuse, elle veut juste dire que si t'es pas content de ce qu'elle écrit chez elle, ben t'as qu'à pas venir la lire ! Et si tu lis quand même et que t'aimes vraiment pas, abstiens-toi que de mettre un ou plusieurs commentaires désagréables voire insultants. Si tu la mets sur ta black list des blogs à ne pas lire, c'est pas le peine de revenir et de guetter des soi-disant sous-entendus que tu penses t'être destinés. Tu te fais du mal pour rien. Contente-toi de passer ton chemin. Tu me causes plus ? Bah m'en fous ! Il me restera toujours Dick, mon copain imaginaire assis sur mon épaule ... Et c'est pas la peine de ramener ta mafia/tes copines/ton grand frère/ton mac' pour me faire peur, ça marche pas !

J'ai l'air de cracher dans la soupe, là ? Peut-être, tu le prends comme tu veux.
Je reconnais aussi qu'il y a dans tout ça des personnes généreuses qui partagent leur invitations ou des rétro-liens avec des petites blogueuses comme moi, qui mettent en place de formidables chaînes de solidarité pour une belle cause, des personnes avec qui j'ai sympathisé et qui se sont révélées un soutien formidable dans mes moments difficiles, des personnes talentueuses qui m'on filé un gracieux coup de main pour personnaliser mon espace, des copines de mojitos et de sushis qui sont devenues des amies de mojitos et de sushis, des personnes qui m'encouragent à continuer et à écrire plus, des personnes que j'ai apprécié rencontrer dans la vraie vie et avec qui je partage un tas de choses.
A toutes ces personnes, je leur dis mille mercis ... avec sincérité.

Bref, après tout, j'dis ça .. j'dis rien ... je ne suis qu'une petit blogueuse du dimanche qui n'a pas de vie, juste 4 pauvres lecteurs (en comptant mes amis, ma famille, mes voisins ...). Ce billet créera peut-être le buzz et fera péter mes stats à 9 voire 12 visiteurs uniques. Whaou, la gloire !!! Vais être la reine de la blogo !

Eh bien ce soir, comme tous les soirs, je tente de conquérir le monde je m'en irait recompter mes amis sur Facebook (je crois que je vais en perdre 450 d'un coup, là) et voir si j'ai pas gagné en notoriété avec ce que je viens de dire dans ce billet.

Mauvaise langue !

mercredi 16 novembre 2011

[Big pavé] On choisit ses slips mais pas ... ses voisins



Ce matin avec la Mère Cane au Café Lafée de Noisy, on discutait de mon voisin du dessus qui mériterait bien un lancer de pavé, mais alors BIG le pavé, dans sa tronche dans la mare.

J'habite un petit immeuble dans un coin sympa du Val-de-Marne. Nous sommes 12 appartements avec des familles too cool dedans ... sauf sauf dans l'appartement juste au-dessus de chez moi. Quand je vais te raconter qui vit dedans, toi aussi, tu voudras te mettre au lancer de pavé dans sa gueule ... Dans le genre voisins bizarres, ça va plaire à Annabelle, ça !

J'aime bien savoir avec qui je vis (autour de chez moi, s'entend), surtout quand avec HommeParfait, nous achetons notre premier appart avec nos enfants dedans. Ben oui, faut bien savoir si tes voisins sont du genre à appeler les pompiers ou alors à monter le son de la télé pour pas entendre tes cris quand ta maison brûle !

Un soir, devant l'immeuble, je croise un vieux môssieur avec son chien. Le genre inoffensif 
qui coule sa petite retraite pépère dans une petite ville fleurie et calme, avec sa dame (bizarre celle-là aussi, mais je te raconterai plus tard ...) qui peint des chats. Je lui dis bonjour et on entame la conversation. Il aime les danses de salon, le bon vin et les voyages parce qu'il lui était donné de voyager souvent dans le cadre de son boulot. Il était ingénieur ... en voilà un homme aware avec de l'éducation et cultivé et tout et tout, me dis-je ...

Là, faut d'abord que je te parle de son maudit chien qui pue. Tout l'immeuble évite de prendre l'ascenseur avec ce pauvre gnouf, il sent le mort (le chien, pas lui ... le voisin, il sent le formol). Et la nuit, TOUTE la nuit my God !, il court sur le parquet et tape avec sa queue par terre. Le bruit d'enfer, on dirait une course de trolls en rollers. J'étais justement en train de lui parler de son clebs, il me répond : " C'est impossible, la nuit, il dort dans mon lit ! Il ne court pas n'importe où ! ". Moi, que mes amis appellent Monk, j'ai subitement un haut le coeur rien que de visualiser ...

Puis la discussion bifurque sur ... les Noirs (oui, oui, tu as bien entendu !) : " Ah mais ma bonne dame, les Noirs ne savent pas éduquer leurs enfants ! Les délinquants, c'est toujours les mêmes ... qui cassent, qui volent ... (en plus de zouker toute la journée, c'est ça ? Hein, Mère Cane ?) ... et après, ils veulent des papiers pour nous bouffer un tas d'allocs au nom des Droits de l'Homme ! eh bê ! ... ". Là, je sursaute et j'ai le poil qui se hérisse déjà.

Et il enchaîne : " Et puis les Arabes, c'est du même tonneau !  Ils viennent ici pour profiter du système, ils cassent et ils volent, ils trafiquent même ! Tout le temps dans la rue ! " Là, sueurs froides. Avec ma tête de chinetoque, je vais en prendre direct pour mon grade ! (eeeuuuuh, c'est pas tout ça mais y a un truc sur le feu qui sonne à la porte là, faut que j'y aille, hein !)

Et il ajoute : " Bon, les Chinois, c'est pas la même. Ils viennent ici, font leur beurre en silence, ne demandent rien à personne (trois ptits tours et pis s'en vont ?) ... Les mafieux jaunes, ils se tuent entre eux dans le quartier chinois et puis basta. On n'en entend jamais parler. Ils ne font jamais grève et ne demandent pas de papiers pour rester ici. Au fait, je peux vous taxer une cigarette ? ". Bon alors, les deux baffes dans ta gueule, c'est tout de suite ou ... ?

Là, mon homme qui est vraiment parfait m'appelle sur le portable. Quoi ? Le Concorde s'est crashé sur notre appartement et il y a un tsunami dans la salle de bains ???!!!!! J'ARRIVE !!!! et je me tourne vers le voisin mal embouché : A la prochaine, hein !

Bon, pas de bol pour ce co*****, il habite dans un immeuble United Colors of Benetton. Donc, chez nous, c'est couple eurasien : mon chéri chéri est allemand et hmong, je suis sino-franco-viet. En face de chez moi, une famille camerounaise top moumoutte. Au rez-de-chaussée, des Portugais et un couple de Maghrébins. Au 4ème, un couple afro-marocain. Juste au-dessus de chez lui, un couple franco-indien très charmant mais ... " les couples mixtes, ils ne devraient même pas faire d'enfants. On ne mélange pas les torchons et les serviettes. " Ça fait froid dans le dos, hein ? Il doit se sentir cerné, le pauvre ...

Sur le même palier, juste en face de chez lui, il y a un couple franco-algérien qui a trois filles. La maman avait laissé la couronne de pin accrochée sur la porte en janvier, un truc pas moche en plus. En réponse, il a collé une photo d'Hitler avec la croix gammée. No comment ...

Juste au moment de le laisser sur le bord du trottoir avec ma clope qui nourrit son cancer, il me glisse sa carte de visite avec un sourire : " A la prochaine fête des voisins, vous me ferez signe. Y a mon numéro sur la carte, là. Je descendrai chez vous boire un bon verre de vin et refaire le monde ... "

... Mais oui, mon bon monsieur ... et la marmotte, elle se met toute seule dans le papier d'alu avec le chocolat ... ! 

La bonne nouvelle, c'est qu'il n'a pas les moyens d'acheter l'appartement au-dessus du mien. Hallelujah ! Thank you, my God !

C'était mon premier méga pavé lancé dans la mare de la Mère Cane, parce que mon voisin le vaut bien ! C'est fou c'que ça fait du bien !

Image © Nicolas Poupon / Drugstore