| Une Mère Tigre aime toujours ses enfants ! |
Nous sommes en 2013, en direct du Sparkling blog, et vous croyez toujours ce que l'on vous dit à la télévision, bonsoir !
Depuis un peu plus d'un an, je vois fleurir partout sur la blogosphère et dans les médias traditionnels, des articles fustigeant à qui mieux mieux, les « Mères Tigres » aux méthodes d'éducation rigoureuses, sévères et visant l'excellence. A l'ancienne, quoi ! C'est sûr que par rapport aux principes d'éducation occidentale actuels, hérités de Mai 68 et de l'ère Dolto, qui font de notre progéniture des enfants-rois tout-puissants, cela bouscule et pas qu'un peu.
Je m'étais déjà interrogée sur le sujet, ayant moi-même des origines asiatiques et étant éduquée de manière stricte (tu peux aller voir mon article ici : Maman Tigre ou l'éducation à la Chinoise ...). Eh bien, j'ai choisi. Mon Tibouchon va avoir 7 ans cette année et ma Chouquette a 19 mois. Quand j'entends les gens remarquer que mes enfants sont sociables, polis et respectueux, je n'en suis que très fière. Ce sont les priorités de mon éducation. Mes pimousses saluent toujours les adultes, disent toujours merci et au revoir en partant. La discipline est essentielle. L'insolence n'est pas tolérée. J'édicte des règles fondamentales qui sont de mise à la maison, à l'école et en dehors : elles ne sont pas négociables. Aucun compromis. Toute entorse est sanctionnée. Croyez-vous que mes enfants sont maltraités, déséquilibrés ou au bord du suicide ?
Mon grand garçon a fait sa rentrée au primaire cette année. Il a sauté le CP car il a su lire et compter en apprenant tout seul. Pas de séance de coaching intensif ni de méthode d'apprentissage ultra-révolutionnaire. Nous avons fait ce choix pour qu'il se sente mieux dans ses baskets et éviter qu'il ne décroche. Depuis son entrée au CE1, je surveille ses devoirs, je lui fait rattraper les notions qu'il n'a pas acquises en faisant des exercices supplémentaires, je lui fait recopier son exercice s'il n'y a pas mis le soin nécessaire, je lui fait faire des pages d'écriture pour qu'il améliore ses pattes de mouches. Je veux constamment qu'il progresse, je lui enseigne la persévérance et la valeur du travail. Il sait que s'il se fait punir à l'école parce qu'il s'est mal conduit, la punition est automatiquement doublée à la maison. Résultat : il se dissipe peu, s'applique plus en classe et ne rencontre aucune difficulté particulière. A côté de cela, il fait de la capoeira le mercredi après-midi, il va au musée voir des expositions sympas, il fait des crêpes ou de l'origami le dimanche après-midi, il joue au foot avec les copains devant la résidence, il va aux anniversaires et file à vélo à travers le parc ... et on mange même des frites à la maison !
J'apprends à ma Chouquette à manger seule et proprement, je la mets déjà sur le pot depuis septembre dernier, je lui apprends à compter jusqu'à 10 en français et en anglais, je lui fait faire des tours avec ses cubes, je la reprends sur les mots qu'elle ne prononce pas bien ... En est-elle plus angoissée pour autant ?
Je l'avoue donc sans complexes : je suis une Mère Tigre, et alors ? Qu'y a-t-il de mal à vouloir le meilleur pour ses enfants ?
Pourquoi ? Il est toujours plus facile de serrer les boulons maintenant que d'essayer de donner des tours de vis une fois la machine grippée. Après, il sera toujours temps de lâcher du lest. Je préfère avoir le mauvais rôle maintenant, comme l'ont eu mes parents il y a une trentaine d'année. Aujourd'hui, je leur dis merci (même si ce n'est pas pour tout ... mais personne n'est parfait, je ne vais pas vous l'apprendre). Si je suis aussi exigeante, c'est pour les préparer au mieux à leur vie future. Le monde dans lequel nous vivons, ce n'est pas le Club Med ! La pression est énorme : dans 30 ans, si mon fils a une vie minable, vivotant de petits boulots et peinant à faire vivre sa famille, je me sentirais alors coupable d'avoir négligé de l'éduquer et de l'instruire. Voilà le mot : négligence. Une chose que je ne me pardonnerai jamais. Est-ce que j'en serais là si mes parents avaient été laxistes et ne m'avaient pas posé de limites, pour mon bien-être mental et mon épanouissement ? Mes parents nous punissaient à coups de baguettes de bois ou de plumeau en bambou. Suis-je une psychopathe refoulée ou une mère haineuse avec un complexe d'infériorité aussi gros que le QI d'Einstein ? (celui qui répond oui, je le finis à coups de tong en plastique !)
Bien qu'elle trouve ses origines dans les préceptes chinois, la Tiger Mom n'a pas toujours été l'apanage des mères chinoises ou japonaises. De plus en plus, j'en ai des exemples autour de moi : ces mères sont antillaise, camerounaise, pakistanaise, tunisienne, mexicaine, cambodgienne, vietnamienne et même française ! Oui, madame ! Toutes sont sévères et exigeantes, toutes à des degrés différents. Ce que certains n'ont pas encore compris, c'est que les reportages ciblent souvent des cas extrêmes (notez bien qu'il y a des dérives partout, dérives qui font les choux gras de beaucoup) et que les raccourcis sont très vite faits. Un reportage de l'émission 66 Minutes ... laissez-moi rire ! La séquence aurait bien moins choqué l'opinion si elle avait montré le quotidien d'une famille menée, badine au poing, par une « Mère Tigre » canadienne ou belge.
Par cet article, je ne tente pas de faire l'apologie de ce mode d'éducation (genre, il faut éduquer vos enfants comme les miens, c'est LA meilleure façon) ou de cracher sur l'éducation non-violente et plus permissive (ouais, tous des hippies yeah). Ce n'est pas mon but, chacun voit midi à sa porte. C'est juste pour vous donner des pistes pour mieux comprendre cette façon d'éduquer, face à des jugements hâtifs basés sur des clichés. Je précise également que je suis ouverte à la discussion (par mail ou dans les commentaires), mais que je n'autorise aucune insulte.
Et je le rappelle, je ne cautionne pas les extrémistes.
Voilà, maintenant vous pouvez éteindre Internet et reprendre une activité normale.
A'tchao, bonne semaine !
C'était mon pavé chinois pour la mare de la Mère Cane.



















