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dimanche 3 juillet 2016

Le blues de la businesswomum



Certaines sont des housewifes carrément pas desperate. Épanouies, sans complexes, heureuses de passer 24 heures par jour avec leurs minus, à les moucher, les torcher, leur coudre des robes de princesse, leurs faire la lecture, des tresses, des muffins aux myrtilles bio et mille millions d'activités DIY entre l'épisode quotidien des Feux de l'Amour et le repassage pour toute la maisonnée. Les fins de mois sont, certes, souvent difficiles mais c'est parce qu'ils le valent bien et que le temps, c'est plus que de l'argent. C'est précieux. C'est un choix. Ne voyez aucune critique ou ironie dans ce que je dis, je les admire vraiment de se dévouer à leur enfants comme cela. Perso, je ne pourrai pas.

Certaines sont des carriéristes acharnées, plus mariées avec leur travail hyper passionnant et gratifiant qu'avec leur mari. Leur enfants les appelleraient presque "Madame" plutôt que "Maman", mais ce n'est pas grave. Elles rachèteront leur temps à coups de cadeaux coûteux, de vêtements chez Baby Dior et de vacances hors de prix avec survol en hélicoptère du Grand Canyon inclus. Elles ont les moyens de leur offrir du bonheur en boîte payé cash, vu qu'elles ont un job qui paye cent dix-huit fois le smic horaire.

Entre les deux, il y a ... moi. Celle qui ne conçoit pas être mère au foyer, celle qui veut réussir professionnellement, mais qui regrette le temps qui lui file entre les doigts ... ce temps précieux qu'elle aimerait passer avec ses pimousses parce qu'elle a conscience qu'ils ne grandiront qu'une seule fois. Vous me direz que je peux le faire, si je le voulais vraiment ... mais je préfère largement qu'ils aient une maman heureuse et bien dans ses Converse, plutôt stressé, mais heu-reu-se parce qu'elle travaille.

Je suis cette maman qui, pour bien compliquer la chose, a choisi cette année de se lancer dans les affaires. SES affaires, puisque je viens de démarrer mon entreprise. Gros challenge. Grosse fierté. Gros stress. Grosse pression. C'est presque comme si je m'étais lancée en politique ou si je faisais un troisième bébé ! Beaucoup m'encouragent, me disent que je suis forte, acharnée et que je vais y arriver. D'autres me disent, d'un air navré, que j'ai choisi d'ajouter du poids dans ma barque et parient sur le moment où je vais chavirer.


Mais oui, j'ai choisi. J'ai choisi d'avoir plus de liberté qu'en restant employée. Libre de mes horaires, libre de mes vacances, libre de créer et libre de mes idées, même si tout cela a un prix, parfois un peu lourd.

Pour le moment, je suis la tête dans le guidon pour avancer à fond les ballons. J'ai un profond désir de réussite pour pouvoir offrir une vie encore plus confortable à ma famille, leur offrir le meilleur et pour qu'ils puissent se dire un jour : ma maman a réussi son pari. (En vrai, j'ai aussi envie de pouvoir me payer une voiture de sport rutilante, des tailleurs Chanel assortis à mes Louboutin et Ryan Reynolds comme assistant personnel).

Je suis devenue une businesswomum qui court partout et tout le temps après les clients, les contrats, les appels d'offres, les rendez-vous médicaux pour les pimousses, les réunions de parents d'élèves, les cours de chinois, le spectacle de danse, les soirées pros, les déjeuners pros, les salons pros, les formations, les entretiens avec les partenaires, les inscriptions au collège, les jours pimousses malades ... entre deux avions pour le boulot, la valise et l'ordinateur toujours prêts, le téléphone allumé H24.  

Certains jours, contrainte ou non, j'arrête de courir. Je me pose avec mari et enfants pour quelques (rares) moments précieux. 

Certains jours, assise là, je me pose ces questions :

Suis-je quand même assez présente ? Est-ce que je fais bien ?
Est-ce que je passe assez de temps avec eux pour qu'ils s'en souviennent plus tard ? 
Ne suis-je pas en train de passer à côté de quelque chose ?

Et quelques fois encore, furtivement, ce doute me prend un peu par surprise.

Bref, je suis une maman (sur)active et je crois que j'ai le blues de la businesswomum ...




mercredi 26 novembre 2014

Partir travailler et laisser ses enfants ...



Cet après-midi, j'embarque à bord de mon vol à destination de l'île Maurice. Tu dois penser que je suis une veinarde, que je ne devrais pas me plaindre, que je devrais fermer mon clapet et monter dans cet avion à destination du soleil ...

Ce matin, j'ai laissé un mari fatigué, un Tibouchon déprimé et une Chouquette malade, en larmes, qui ne voulait même plus me dire au revoir, une fois déposée à l'école.

Hier soir, j'étais déprimée de devoir laisser mes enfants pour aller travailler à l'autre bout du globe. Je m'étais fait une joie de ce voyage, mais le cœur n'y était plus.

Avant, je ne me posais pas de question, à savoir si je laisse assez de vivres dans le frigo ou du Doliprane pédiatrique dans le placard. Je me contentais de narguer les copines et de réfléchir à quel maillot de bain j'allais mettre dans ma valise. Mais ça ... c'était avant d'avoir des enfants.

Maintenant, j'ai le cœur serré de devoir les laisser. J'ai l'impression d'être une mère horrible qui préfère partir faire la teuf au soleil plutôt que de rester veiller ses pimousses malades. J'ai l'impression de les abandonner pour profiter égoïstement de la vie.

Bref, j'ai envie de pleurer, là, tout de suite, maintenant, au milieu de l'aéroport ...

Mes bébés ...

Est-ce que, dans le monde moderne d'aujourd'hui, où les femmes sont presque l'égal des hommes, il faut encore choisir entre son travail ou ses enfants ? Parce que là, j'ai juste l'impression que j'ai choisi ma vie professionnelle au détriment de ma vie de mère !

J'vous laisse. L'hôtesse vient d'appeler la mauvaise mère à embarquer à destination du soleil ...



mardi 5 août 2014

Back home



J'ai eu besoin de m'éloigner pour revivre.

J'ai eu besoin de tout quitter pour renaître.

J'ai repris confiance en moi.

Je me suis retrouvée et j'ai enfin retrouvé les miens.

Et maintenant, je suis de retour chez moi,

Plus forte, plus sereine, plus reposée, plus zen ...

Bourrée d'énergie et gonflée à bloc.






lundi 12 mai 2014

Dépression, burn out : ne pas souffrir en silence




Il y a un an, je ne savais pas encore ce que c'était. Juste une impression de mal-être, de ras-le-bol, de déprime passagère. Un état qui s'est lentement installé et qui a empiré.

Il y a 6 mois, je me suis rendue compte que je faisais un burn out à cause de mon travail, de mon temps de transport quotidien et du rythme que ça impliquait.

Je pensais que j'étais plus forte que ça, que ça ne pouvait arriver qu'aux autres et certainement pas à moi-même.

Ces mots semblaient juste être un effet de mode.

Mais ...






Dépression, burn out : qu'est-ce que c'est ?


Ce n'est pas anodin, non. Ce n'est pas non plus une difficulté momentanée dans sa vie.

La dépression est une vraie maladie qui peut toucher chacun d'entre nous, peu importe l'âge, le sexe, le milieu social, le caractère. Elle peut apparaître à n'importe quelle période de a vie : après un deuil, une rupture douloureuse, une maternité (post-partum ou baby blues) ou un événement traumatisant, pendant l'enfance ou l'adolescence, ...

C'est une souffrance qui a des causes multiples et qui peut prendre diverses formes. Un stress excessif et permanent au travail (activités particulièrement stressantes ou harcèlement au travail) peut favoriser l'apparition de la dépression.

C'est une douleur morale permanente qui nous empêche de parler, de rire, de sortir,de travailler, de dormir, de se lever le matin ... bref, de vivre. 

C'est une tristesse intense que rien n'apaise, mêlée d'angoisse et d'un sentiment de fatalité.

Elle touche tous les domaines importants de la vie : affectif, familial, professionnel et social.


Les symptômes : comment les reconnaître ?


Au-delà d'une quinzaine de jour, tous les jours, à tout moment, vous ressentez une tristesse profonde, de l'anxiété, une perte d'intérêt pour tout, aucun plaisir pour rien.

Des pensées négatives, voire des idées noires, vous parasitent. Vous vous sentez bon à rien et même responsable de ce qui vous arrive.

Vous avez de nombreux trous de mémoire, vous n'arrivez plus à vous concentrer, vous ne supporter plus le moindre bruit.

Vous vous sentez au bout du rouleau, même sans aucun effort physique particulier. Par ailleurs, vous n'arrivez plus à dormir ou vous dormez beaucoup sans parvenir à vous reposer. Vos gestes sont ralentis, comme si vous portiez tout le poids du monde sur votre dos. Parler vous semble un effort important. Votre entourage vous trouve indifférent à tout.

Vous "pétez littéralement les plombs" pour un oui ou pour un non, en trente secondes trois quart. La moindre contrariété vous fait pleurer. Vous avez l'impression de vous noyer dans un verre d'eau, que tout est laborieux et insurmontable.

Vous perdez l'appétit ou avez des crises boulimiques répétées. Vous remarquez une perte ou prise de poids importante et inhabituelle.

Vous avez des douleurs dans le corps (maux de tête, maux de ventre, douleur dans les articulations, dans le dos, sciatique, ...). Vous remarquez des dérèglements (tension artérielle, bouffées de chaleur inexpliquées, éblouissements, vertiges, perturbation voire interruption des règles, ...).


Que faire si vous repérez ces symptômes ?


Ne restez pas seul avec votre souffrance.

Consultez au plus vite. L'évaluation de votre état par un professionnel de santé est indispensable. Plus la prise en charge est précoce, plus la rémission sera rapide et durable, moins les dommages collatéraux seront importants.

Parlez-en en premier lieu votre médecin traitant qui vous prescrira une prise de sang pour vérifier si vous n'êtes pas anémié ou en carence quelconque.

Acceptez d'exprimer votre souffrance et de vous faire aider. Il ne faut jamais craindre d'être jugé, que ce soir par vos proches ou votre médecin. Parlez sans réserve, surtout avec votre médecin ou votre psychologue, afin de ne pas lui dissimuler des informations importantes, ce qui pourrait conduire à une erreur de diagnostic et donc de traitement.

Gardez le contact avec votre famille, vos amis, vos collègues. N'ayez pas pas peur de vous ouvrir à eux. Ils sont vos meilleurs alliés, le regard extérieur sur votre situation et un soutien nécessaire.


Qui et où consulter ?


Votre premier interlocuteur est votre médecin généraliste. C'est lui qui vous orientera au besoin vers un psychologue ou un psychiatre et/ou vous prescrira un traitement. Vous pouvez également vous tourner vers le médecin du travail

Le psychiatre est un médecin spécialiste compétent qui a une solide formation sur les maladie mentales et leurs traitements. Il est habilité à prescrire des médicaments antidépresseurs.

Le psychologue vous proposera une écoute, une psychothérapie. C'est un professionnel de santé qui a effectué 5 années d'études universitaires validée par un diplôme de 3e cycle (DEA, DESS ou master). Il n'est pas médecin et ne peut en aucun cas vous prescrire de médication.

Vous pouvez leur parler en toute confiance car ils sont soumis au secret professionnel.

Les lieux de prise en charge sont multiples : les établissements publics comme les hôpitaux, les centres médico-psychologiques (CMP), les cabinets privés, les cliniques privées. Pour savoir où vous adresser, votre médecin traitant est le plus à même de vous orienter.



Je le répète : NE RESTEZ PAS SEUL !

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Pour en savoir plus, n'hésitez pas à consulter le site www.info-depression.fr où vous pouvez commander gratuitement ou télécharger le guide d'information complet « La dépression, en savoir plus pour en sortir ».





mercredi 7 mai 2014

Libérée Délivrée - Ze Sparkling remix en HD (Haute Déconnade)


AvertissementCeci est une œuvre de fiction.
Les noms, les personnages, les lieux et les événements sont les purs produits de l'imagination débridée de l'auteure ou sont utilisés de manière fictionnelle et ne doivent surtout pas être interprétés comme réels. Toute ressemblance avec des événements réels, des endroits, des organisations ou des personnes, vivantes ou mortes, est entièrement du domaine de la coïncidence ;)

Au revoir, au revoir Président !
A qui le tour ?

Libérée Délivrée

J’arrive en r’tard ce matin au bureau
Le boss est là, bien vénèr’
Je le regarde dans les yeux
Et lui annonce la rupture

Il me demande pourquoi,
Pour qui et pour combien ?
Je lui dis : « Trop tard !
Je m’en vais demain ! »

Cache tes enfants, n’en parle pas
Fais attention, le boss te saquera
Ne demande pas de quatr’cinquième
Ni de mi-teeeeeemmmmppps !!!

Libérée, Délivrée
Je ne craquerai plus jamais
Libérée, Délivrée,
C’est décidé, je m’en vais

J’ai laissé mon patron m’emmerder
Sans jamais broncher …
Good bye Président, tu vas te mettre à bosser !

Pendant tellement longtemps, j’ai toujours assuré
Ton pressing, tes dossiers, tes gosses …
Tu vas gérer maintenant !

Je vais voir ce que tu peux faire
Sans une esclave à plein temps
Tu vas en chier, ce s’ra marrant …
Maaaarraaaannt !

Libérée, Délivrée
Ma liberté me tend les braaAAas
Libérée, Délivrée,
L'asile n'est pas pour moi !

Me voilà ! Oui, je suis là,
Tranquillement chez moooOOOIII !
Bye bye Big Boss, je te laisse pleurer !




La roue tourne



HeeelooOOO les amis !

Désolée de vous avoir abandonnés, mais ces deux derniers mois n'ont été que grands chamboulements avec un rythme intense. Pour ceux qui n'ont pas suivi : voilà, ce fut le moment du grand tournant que j'attendais tant !

Démission, nouveau job, nouvelle vie, nouveau look, nouveau rythme, nouvelle organisation avec les enfants, le mari et les activités extra-scolaires ... et des collègues, enfin !

Après 10 ans de (plus que) bons et loyaux services, j'ai quitté mes boss parisiens pour me rapprocher de chez moi et changer radicalement de vie. Plus de RER qui pue, de gens dégueus, de trajets souvent interminables à cause d'un énième incident voyageur, avec un patron qui fait la tronche à l'arrivée ! Libérééée, délivrééééée ... comme dirait l'autre :)

Ce changement me fait l'effet d'une libération, oui. Plus d'insomnies, de crise d'hystérie, de bouffées de chaleur, de boulimie, d'envie de chialer, tout le temps ... Le burn out est fini !

Me voici dans ma nouvelle agence de voyage à travailler avec une équipe jeune et dynamique qui ressemble en tout point à « Charlie et ses drôles de dames ». Je suis la quatrième mousquetaire ... Les collègues sont chouettes et ça fait un bien fou de se marrer un peu beaucoup dans la journée. Non, vraiment, il me fallait ce changement. Je vis enfin normalement avec des gens de la même dimension.

C'est que j'ai fait le compte : aujourd'hui, je gagne environ 20 heures de vie supplémentaires avec mes enfants. 20 HEURES !!! Du temps précieux que je ne pourrais plus me payer avec eux quand ils seront grands et partis du nid. Quel luxe !




Du coup, je suis plus agréable, souriante, détendue avec tout le monde et surtout avec ma petite famille. 

Enfin, j'ai le temps de m'occuper de moi, de me soigner, de me pomponner, de m'écouter. C'est du baume au moral, au coeur, au cerveau ... une vraie renaissance. Je m'habille enfin en fille : je dégaine chaussures girly à talons hauts, tenues plutôt classiques pour le bureau et le petit sac à main assorti qui va bien avec le vernis sur les ongles manucurés au carré. Fini le look clodo ou ado attardée. J'ai repris la routine du maquillage chaque matin et j'avoue que ça me fait du bien ... et c'est le mari qui est le plus ravi, je pense !

Espérons que ça dure ... Croisez encore les doigts pour moi, les amis, afin qu'ils me gardent à la fin de ma période d'essai ... croisez bien les doigts et les orteils, encore 2 mois. Danke schön !

Et je ne vous le dirai jamais assez : MERCI ! 

Merci pour votre soutien et tous vos encouragements par téléphone, mail et Facebook. Ce sont vos bonnes ondes qui m'ont poussée à y croire, surtout quand c'était très loin d'être gagné.

Merci d'être là.

xoxoxoxoxoxo




lundi 3 mars 2014

Ne plus jamais dire Jamais ?



© Sophie Sparkling

Jamais je ne me caserai.

Jamais je ne trouverai mon exacte moitié d'orange.

Jamais je ne sacrifierai ma carrière professionnelle, pour rien au monde ni personne.

Jamais je ne connaîtrai les mots burn out, dépression, épuisement. Ça ne fait pas partie de mon vocabulaire. Je suis forte, je suis une warrior.

Jamais je ne ferai le choix de l'IVG.

Jamais je n'appliquerai tous les principes d'éducation de mes parents à mes enfants.

Jamais je ne me laisserai déborder/envahir/vampiriser par mes enfants.

Jamais je ne pourrai abandonner ma petite sœur dans une institution pour handicapés.

Jamais je ne reparlerai à mon père. Je ne connais pas le pardon.

Jamais ... 

Je pensais que c'était coulé dans le béton, gravé dans le marbre. Je pensais que ça ne pouvait pas en être autrement. Je suis plutôt du genre têtue, bornée, parfois même jusqu'à la stupidité.

Et pourtant ... La vie, les enfants, la maturité, l'urgence, tous ces paramètres ont fait que je suis revenue sur mes certitudes, mes décisions, mes convictions. Parfois totalement, parfois avec des nuances.

Je pense que c'est ce qui s'appelle grandir ... enfin.

Et vous ? Avez-vous jamais dit  jamais ?


Sur une idée de la sympathique Dbo ... 



L'homme de ma vie



Dans tous les souvenirs de ma prime jeunesse, il y a un homme plus présent que tous les autres. Aimant, doux, affectueux, mais aussi strict et parfois dur, faisant respecter les bonnes manières par un soufflet derrière le crâne.

Cet homme qui jouait de la guitare dans la chambre au fond du couloir.

Cet homme qui m'emmenait acheter des bonbons, hissée sur ses épaules.

Cet homme qui s'échappait tous les dimanches matin pour aller danser la valse ou le tango dans les guinguettes ou à La Coupole de Paris.

Cet homme dont je guettais le retour tous les soirs, cachée derrière la porte pour le surprendre et lui faire peur ... bouh !

Cet homme qui se réchauffait du cassoulet alors que tout le monde mangeait chinois à table.

Cet homme qui a essuyé les pires coups durs de la vie, mais qui en est toujours ressorti plus fort.

Ce modèle de courage qui a emmené toute sa famille jusqu'aux îles indonésiennes à bord d'un rafiot pourri, pour fuir la guerre au Vietnam. Oui, ma famille était ces boat people que le monde entier a vu à la télé.

Cet homme passionné par la musique classique, les avions et l'espace.

Cet homme qui nous a toujours interdit de parler la bouche pleine ou d'aspirer bruyamment nos spaghettis.

Cet homme que j'appelle toujours en premier pour annoncer les bonnes nouvelles.

Cet homme qui m'a toujours encouragée dans tout ce que j'ai fait.

Cet homme, le seul, qui m'a donné sa bénédiction pour aller m'installer avec Chéri alors que nous n'étions même pas fiancés et que tout le monde poussait des "Aaaahhh !" et des "Oooohhh, quel scandale !".

Cet homme avec qui j'ai toujours plaisir à discuter et à qui je demande encore conseil lorsque j'ai des choix importants à faire.

Ce vieil homme qui, aujourd'hui, n'hésite pas à faire tous les jours des kilomètres en bus pour passer un peu de temps avec ses arrières-petits-enfants.

Ce vieil homme si pudique qui ne m'a jamais dit "Je t'aime" et pourtant, je le sais ... nous le savons bien ... que nous nous aimons !

Cet homme sans qui je ne pourrais vivre et que j'ai tellement, tellement peur de voir s'envoler un jour :


MON GRAND-PERE
MON PAPY
MON SUPER HEROS




Aujourd'hui, la famille s'est réunie pour lui fêter son anniversaire.

Un précieux moment ...

89 ans.

4 générations autour du gâteau.

8 enfants.

15 petits-enfants.

3 arrières-petits-enfants.

Il dit souvent que nous faisons tous sa fierté.

Aujourd'hui, il est le plus heureux des hommes.

Et moi, je suis la plus heureuse des petites-filles ... heureuse de l'avoir encore avec moi, 

mon papy ...


Le jour de mes fiançailles (2004)
avec ses arrières-petits-enfants :
Tibouchon, Mademoiselle Mini et Chouquette








dimanche 20 octobre 2013

Le pourquoi du comment de ce long silence


Je ne sais pas si c'est parce que je n'ai eu qu'une seule semaine de vraies vacances cet été ou bien parce que ça fait 4 mois que j'ai arrêté de fumer ou encore parce que je sens que je suis en train de couver une maladie bizarre ...

Voilà, je suis fatiguée ... hyper fatiguée ...

Mais pas de cette fatigue passagère, cette légère déprime qu'on ressent tous à l'entrée de l'hiver, qui fait qu'on a envie de faire le nêm dans sa couette deux ou trois jours au lieu d'aller bosser. Non.

Je passe tout mon temps à somnoler (au moins) ou à dormir (au mieux), dès que j'ai 5-10 minutes, dans le train le matin et le soir, même debout dans le wagon. J'ai du mal à m'extraire de mon lit le matin et à me motiver pour la journée. Je me sens vidée, comme si chaque jour était le bout du monde. Si je n'avais pas mes enfants et mon boulot, je vivrais en ermite dans mon appartement, les rideaux tirés.

C'est comme si j'étais en train de me noyer.

J'oublie des tas de choses, moi qui ai une mémoire d'éléphant.

Je bâcle alors que d'habitude, je ne laisse rien passer, pas même le détail le plus petit.

Souvent, j'active mon mode JE M'EN FOUS et me mets simultanément sur MUTE. Je n'ai plus envie d'entendre les gens autour de moi. Je ne veux plus aucun bruit. Je veux du silence.

Je ne me motive plus pour bouger ou aller prendre un verre avec les copines, j'ai la flemme de me maquiller même le week end, c'est à peine si je me coiffe (rassurez-vous, je continue de me laver et de mettre du déodorant ... ouf !). Je n'ai presque plus de vie sociale et ça me manque, mais j'ai l'impression que je n'ai plus le temps de rien. Les jours et les mois filent à toute allure et me passent entre les doigts.

Le bon côté, c'est que je n'ai plus mes insomnies qui me tenaillaient depuis des années. Je ne tourne plus en rond la nuit comme une chouette sous speed. Mais je suis encore plus épuisée que jamais et je ne sais même pas pourquoi.

Cet état léthargique permanent me rend irritable, énervée, impatiente, stressée. Je vois tout en négatif, le verre presque vide alors qu'il est encore à moitié plein. J'ai l'impression que rien ne se passe comme je veux, que personne ne fait rien comme je veux, que je ne suis jamais satisfaite, que je n'arrive finalement à rien ... surtout avec moi-même. 

Je crie, je hurle, je pleure.

Avec mes pimousses, la température monte en 30 secondes et j'explose. D'habitude, ma limite est à 10 minutes 48 secondes avant de faire les gros yeux.

Cet état, c'est tellement pas moi.

Je déteste cette lassitude. Je déteste être fatiguée.

Je rêve souvent que mon mari est nommé à un poste quelque part en Alaska ou à Vladivostok. Je surfe sur les sites pour savoir comment émigrer au Canada et comment adopter l'accent de Céline Dion. Je me dis qu'à 32 ans, c'est sûrement l’âge du grand tournant ... mais faut bien l'avouer, je tourne surtout en rond en ce moment.

Il me faut du changement. Quoi ? Je ne sais pas ...

Une amie m'a demandée si je ne faisais pas un burn out, tout simplement ...

En attendant de voir mon médecin de famille (oui parce que j'ai aussi de drôles de symptômes " physiques " comme des douleurs dans tout le corps, des bouffées de chaleur subites, des migraines atroces, une impression récurrente d'étouffement ...) (et non, je ne suis pas encore enceinte !), je vais me botter le train pour revenir ici et reprendre mon blog. Ça va me faire sortir la tête de l'eau, retrouver ma vie sociale bloguesque.

Parce qu'il ne passe pas un jour sans que je ne pense à vous qui me lisez, qui êtes là et qui suivez mes mésaventures et mes délires sur Facebook.

Vous me manquez, vraiment.

Alors voilà, je vais continuer mes efforts pour arrêter de fumer et aller vous préparer quelques surprises, histoire de me faire pardonner cette longue absence.

Merci de m'avoir attendue. Promis, j'arrête de me plaindre.



lundi 15 juillet 2013

15 ans et un mariage ...



Le temps file à une allure folle
Et pourtant, il me semble que c'était hier !

15 ans que nous ne nous étions revues,
15 ans puis un coup de fil,
15 ans et un mariage ...

Magnifique, grandiose, raffiné, drôle, intime, émouvant ...
J'en ai eu la larme à l’œil, un larme de joie ...
Une joie immense de nous voir réunies aujourd'hui avec nos familles,
de voir que tu as trouvé l'homme de ta vie !

15 ans et nous avons tellement grandi !

Je vous souhaite une longue vie ensemble,
main dans la main, 
semé de joies et de rires, de grands projets et de petits bonheurs,
inséparables, soudés et toujours heureux.

J'espère ne pas attendre encore 15 ans puis un coup de fil,
pour m'annoncer que vous ferez désormais
ce long chemin à trois !

Bravo et encore merci d'avoir partagé ce moment avec nous.

Je t'embrasse, ma chère cousine.

Sophie Sparkling


vendredi 7 juin 2013

Ce n'est pas écrit sur son front !


Mon fils a 7 ans.

C'est un petit garçon plein de vie, qui court, qui crie, qui rit, qui fait du vélo avec les autres gosses du quartier et de la trottinette dans le parc. Il aime ses roulettes qui font de la lumière et qui se fixent sous ses chaussures pour patiner dans notre rue.

C'est un petit garçon toujours curieux, qui aime échanger des idées, qui aime argumenter et poser mille et une questions. Il est souvent trop bavard ... parfois jusqu'à l'épuisement.

C'est un petit garçon qui a toujours un stylo ou un crayon à la main pour dessiner ou écrire, pendant le trajet en RER ou lorsque nous attendons notre commande au restaurant.

Un petit garçon comme les autres, en somme.

Plusieurs fois, il m'a accompagné à des « opé' de blog ». Comme il a toujours un avis sur tout, il a voulu participer à la rédaction de mes articles sur mon blog. Il a fini par écrire lui-même son premier billet sur une application pédagogique pour tablettes par Allianz ... et ça lui a plu ! Notre voyage en Norvège a été l'occasion de répondre à SA demande d'ouvrir un blog rien que pour lui.

Et voilà que quelques personnes sont venues me mailer des trucs du genre :
« Ton fils a-t-il vraiment 7 ans ? Et tu es sûre qu'il sait écrire des choses comme ça ?» ou bien « Tu te sers de ton fils pour lancer un nouveau blog alors que c'est toi qui te cache derrière. C'est pas du foutage de gueule, non ? » ou encore « La prochaine étape sera de le forcer à écrire un bouquin ? Mais lâche-lui les baskets !» ... A mon avis, il doit y en avoir d'autres qui pensent tout bas les mêmes choses sans jamais oser me le dire franchement ... bref.

Vu de là où vous êtes, on pourrait croire que je suis une Mère-Tigre-comme-à-la-télé qui coache son fils comme un cheval de course, une machine à tuer, enfermé dans un emploi du temps rigide aux activités sans fin, programmées du réveil au coucher, sept jours sur sept (jours fériés inclus), chaque heure étant exploitée jusqu'à l'épuisement. On pourrait croire que je suis une folle furieuse tellement angoissée (parce que j'ai une vie médiocre ou ratée, au choix) que je reporte mes rêves de gloire sur mon pauvre fils, préférant sacrifier son enfance. On pourrait croire que je le pousse à tout prix à la réussite, à la performance, toujours plus loin et toujours plus haut, baillonnant la moindre protestation à coups de bambou.

Mais voilà, vous voyez tout ça de l'extérieur. La critique est aisée, n'est-ce pas ?

Vous ne savez pas ce qui se passe chez nous, vous ne me connaissez pas. 

Quand on connaît un peu plus mon Tibouchon, on s'aperçoit que ...

... c'est un petit garçon qui parle avec des phrases bien construites, avec un vocabulaire très riche et des mots bien choisis. Il aime utiliser les mots justes.

... c'est un petit garçon qui adore lire toutes sortes d'écrits : des encyclopédies sur les dinosaures ou les insectes, des documents sur la théorie de l'évolution de Darwin ou sur les monuments de Paris, des bandes dessinées, des magazines du Club Lego ou parlant de sciences, des prospectus, des livres de recettes ou des guides de voyage, des romans « même écrits tout petit et sans images ». Il consacre une très grande partie de son temps libre à la lecture et même pas sous la menace.

... c'est un petit garçon qui a une excellente mémoire. Il enregistre et stocke toutes les informations qui l'intéressent, l'air de rien, même sur des sujets compliqués pour son âge.

... c'est un petit garçon qui a horreur du sentiment de vide, qui a horreur de s'ennuyer, qui a un besoin viscéral de « remplir » ses moments libres. Pour lui, s'ennuyer suscite de l'angoisse.

... c'est un petit garçon qui a une soif insatiable de s'occuper, de se nourrir l'esprit, de se lancer tous les jours dans de nouveaux projets (qui n'aboutissent pas toujours, mais bon). Il est sans cesse en demande, il ne s'arrête jamais. Les derniers en date : restaurer les figurines  Warhammer de son oncle, construire une maquette de champ de bataille, ouvrir son blog, apprendre à jouer aux échecs, installer un petit potager sur notre terrasse. A cela, IL voudrait bien ajouter du foot le mercredi après-midi, des cours de musique, un abonnement au Musée du Louvre, aller à l'opéra ou voir un ballet, voyager, parler plusieurs langues, construire une fusée ... 

... c'est un petit garçon qui savait parler avant 1 an, qui a été propre vers ses 18 mois, qui bouclait des puzzles de 150 pièces en moins de 2 heures à 4 ans, qui a appris à lire tout seul bien avant sa rentrée au CP, qui a sauté une classe cette année à la demande de la psychologue (une référence dans son domaine, ce n'est pas moi qui l'ait inventé !).

Mon fils de 7 ans a un QI évalué à 149.

Il a un écart d'au moins 4 ans entre son âge biologique et son âge mental.

Mon fils est un enfant qu'on dit « intellectuellement précoce », « surdoué ».

Un petit zèbre, pas tout à fait comme les autres enfants.

Mais ça, ce n'est pas écrit sur son front !

Un enfant comme lui, on doit le nourrir intellectuellement en permanence, l'accompagner dans ses projets, qu'il réussisse ou pas, l'encourager, répondre à ses multiples interrogations, l'informer, ne pas le brider, ne pas le freiner, ... en résumé : lui donner tous les atouts et tout l'appui nécessaire pour devenir une personne équilibrée et épanouie.

Un enfant comme lui « ne roule pas tout seul ». Non. Son intelligence est une chance  formidable, mais c'est difficile à vivre au quotidien, autant pour lui que pour nous, ses parents.

Et ça, ce n'est pas écrit sur nos fronts !

Alors plutôt que de me lancer la pierre, de juger, de critiquer ...


« A moins que ton nom ne soit Google,
arrête d'agir comme si tu connaissais tout !»




C'est un pavé pour la Mère Cane, un peu en avance ou bien franchement en retard, mais il fallait que ça sorte parce que j'en avais gros sur la patate !



jeudi 28 mars 2013

2 ans et toujours là ... Merci à tous ! {cadeau inside}




C'est drôle comme parfois la vie nous joue des tours. C'était il y a 2 ans. J'étais enceinte de ma Chouquette et je faisais mes premiers pas encore hésitants dans ce monde que je ne connaissais pas encore. Moi, un tout petit blog anonyme et l'air de rien, essayant d'émerger dans la blogosphère, noyée dans l'étendue infinie de la Toile. Je ne pensais pas que j'arriverai si loin et que je ferai autant de belles rencontres.

2 ans que je partage des tranches de vie et de merveilleuses découvertes.

2 ans d'échanges et je suis devenue accro à ce monde virtuel qui déborde allègrement sur mon monde IRL.

Je n'écris pas régulièrement, pas toujours des trucs intelligents. J'ai parfois de longues périodes de silence, des moments d'absence, et pourtant ... vous êtes toujours là ! Oui, toi, toi, toi et toi, là ! Même toi, celle qui me regarde de loin et qui n'ose pas venir parler avec moi. Viens ! Je ne mords pas ...

Alors aujourd'hui, je n'ai qu'un seul mot à dire à vous tous : MERCI !

Alors pour fêter mon mini Sparkling Blog-anniversaire, j'avais envie de vous gâter un peu avec un petit jeu et un cadeau pour gourmands et gourmets.


Ze cadal qui est trop chouette



Comment faire pour jouer ?

Tu me dis en commentaire sous cet article si tu es plutôt sucré ou salé et le nom de ton plat ou dessert préféré.

Si t’as pas encore liké ma page Facebook … mais qu’est-ce que t’attends ??? T’es gentil(le), tu le fais parce que ça me ferait grave plaisir, hein ! J Ca ne rapporte rien de plus, mais ça me montrera à quel point tu m’aimes.

Tu veux des chances supplémentaires ? Partage cet article sur ton profil Facebook ou Twitter (poste en statut public et fais un copier-coller du lien avec ta réponse, il faut que je puisse vérifier le partage). Un lien valide avec ta réponse = 1 chance en + à chaque fois.


Le jeu prendra fin le samedi 20 avril 2013 à 23h59, heure de Paris (GMT+1). Le tirage au sort aura lieu avant que les poules n’aient des dents et le nom du gagnant sera annoncé en édit de cet article.

Jeu réservé à la France métropolitaine et aux DOM-TOM. Une seule participation par personne, par pseudo, par foyer, par IP, par adresse e-mail. Il est obligatoire de renseigner précisément son pseudo et son adresse e-mail. Les participations anonymes, multiples ou incomplètes ne seront pas prises en compte. Les partages non vérifiables ne seront pas validés.
Le blog sparklingmummy.blogspot.com se réserve le droit d’annuler le tirage au sort ou le jeu, d’en modifier les conditions d’inscription, d’en changer la dotation, si les circonstances l’exigent et ce sans qu’il puisse être tenu à une quelconque réparation à quel titre que ce soit.
La participation à ce jeu est entièrement gratuite et n’est liée à aucune obligation d’achat. Le jeu est ouvert à toute personne physique majeure, disposant d’un accès Internet et d’une adresse électronique (e-mail).
La participation à ce jeu implique l’acceptation pleine et entière du présent règlement, et la renonciation à tout recours fondé sur le déroulement du concours, les résultats et l’attribution des prix.
Le gagnant sera prévenu par email et aura 48 heures pour réclamer son lot. Sinon, un nouveau tirage au sort sera effectué.

Bonne chance à tous !!!


***** Edit du 13/06/2013 : Résultats du jeu Marabout Chef  *****

Et la gagnante tirée au sort par la main innocente de Tibouchon est :
SEVERINE


Bravo, j'attends tes coordonnées par mail à
sparklingmummy@gmail.com
afin de te faire parvenir ton lot.

Merci à tous les autres participants !


lundi 4 février 2013

Je suis une Mère tigre, et alors ? ... Lâchez-moi les rayures !

Une Mère Tigre aime toujours ses enfants !

Nous sommes en 2013, en direct du Sparkling blog, et vous croyez toujours ce que l'on vous dit à la télévision, bonsoir !

Depuis un peu plus d'un an, je vois fleurir partout sur la blogosphère et dans les médias traditionnels, des articles fustigeant à qui mieux mieux, les « Mères Tigres » aux méthodes d'éducation rigoureuses, sévères et visant l'excellence. A l'ancienne, quoi ! C'est sûr que par rapport aux principes d'éducation occidentale actuels, hérités de Mai 68 et de l'ère Dolto, qui font de notre progéniture des enfants-rois tout-puissants, cela bouscule et pas qu'un peu.

Je m'étais déjà interrogée sur le sujet, ayant moi-même des origines asiatiques et étant éduquée de manière stricte (tu peux aller voir mon article ici : Maman Tigre ou l'éducation à la Chinoise ...). Eh bien, j'ai choisi. Mon Tibouchon va avoir 7 ans cette année et ma Chouquette a 19 mois. Quand j'entends les gens remarquer que mes enfants sont sociables, polis et respectueux, je n'en suis que très fière. Ce sont les priorités de mon éducation. Mes pimousses saluent toujours les adultes, disent toujours merci et au revoir en partant. La discipline est essentielle. L'insolence n'est pas tolérée. J'édicte des règles fondamentales qui sont de mise à la maison, à l'école et en dehors : elles ne sont pas négociables. Aucun compromis. Toute entorse est sanctionnée. Croyez-vous que mes enfants sont maltraités, déséquilibrés ou au bord du suicide ?

Mon grand garçon a fait sa rentrée au primaire cette année. Il a sauté le CP car il a su lire et compter en apprenant tout seul. Pas de séance de coaching intensif ni de méthode d'apprentissage ultra-révolutionnaire. Nous avons fait ce choix pour qu'il se sente mieux dans ses baskets et éviter qu'il ne décroche. Depuis son entrée au CE1, je surveille ses devoirs, je lui fait rattraper les notions qu'il n'a pas acquises en faisant des exercices supplémentaires, je lui fait recopier son exercice s'il n'y a pas mis le soin nécessaire, je lui fait faire des pages d'écriture pour qu'il améliore ses pattes de mouches. Je veux constamment qu'il progresse, je lui enseigne la persévérance et la valeur du travail. Il sait que s'il se fait punir à l'école parce qu'il s'est mal conduit, la punition est automatiquement doublée à la maison. Résultat : il se dissipe peu, s'applique plus en classe et ne rencontre aucune difficulté particulière. A côté de cela, il fait de la capoeira le mercredi après-midi, il va au musée voir des expositions sympas, il fait des crêpes ou de l'origami le dimanche après-midi, il joue au foot avec les copains devant la résidence, il va aux anniversaires et file à vélo à travers le parc ... et on mange même des frites à la maison !

J'apprends à ma Chouquette à manger seule et proprement, je la mets déjà sur le pot depuis septembre dernier, je lui apprends à compter jusqu'à 10 en français et en anglais, je lui fait faire des tours avec ses cubes, je la reprends sur les mots qu'elle ne prononce pas bien ... En est-elle plus angoissée pour autant ?

Je l'avoue donc sans complexes : je suis une Mère Tigre, et alors ? Qu'y a-t-il de mal à vouloir le meilleur pour ses enfants ?

Pourquoi ? Il est toujours plus facile de serrer les boulons maintenant que d'essayer de donner des tours de vis une fois la machine grippée. Après, il sera toujours temps de lâcher du lest. Je préfère avoir le mauvais rôle maintenant, comme l'ont eu mes parents il y a une trentaine d'année. Aujourd'hui, je leur dis merci (même si ce n'est pas pour tout ... mais personne n'est parfait, je ne vais pas vous l'apprendre). Si je suis aussi exigeante, c'est pour les préparer au mieux à leur vie future. Le monde dans lequel nous vivons, ce n'est pas le Club Med ! La pression est énorme : dans 30 ans, si mon fils a une vie minable, vivotant de petits boulots et peinant à faire vivre sa famille, je me sentirais alors coupable d'avoir négligé de l'éduquer et de l'instruire. Voilà le mot : négligence. Une chose que je ne me pardonnerai jamais. Est-ce que j'en serais là si mes parents avaient été laxistes et ne m'avaient pas posé de limites, pour mon bien-être mental et mon épanouissement ? Mes parents nous punissaient à coups de baguettes de bois ou de plumeau en bambou. Suis-je une psychopathe refoulée ou une mère haineuse avec un complexe d'infériorité aussi gros que le QI d'Einstein ? (celui qui répond oui, je le finis à coups de tong en plastique !)

Bien qu'elle trouve ses origines dans les préceptes chinois, la Tiger Mom n'a pas toujours été l'apanage des mères chinoises ou japonaises. De plus en plus, j'en ai des exemples autour de moi : ces mères sont antillaise, camerounaise, pakistanaise, tunisienne, mexicaine, cambodgienne, vietnamienne et même française ! Oui, madame ! Toutes sont sévères et exigeantes, toutes à des degrés différents. Ce que certains n'ont pas encore compris, c'est que les reportages ciblent souvent des cas extrêmes (notez bien qu'il y a des dérives partout, dérives qui font les choux gras de beaucoup) et que les raccourcis sont très vite faits. Un reportage de l'émission 66 Minutes ... laissez-moi rire ! La séquence aurait bien moins choqué l'opinion si elle avait montré le quotidien d'une famille menée, badine au poing, par une « Mère Tigre » canadienne ou belge. 

Par cet article, je ne tente pas de faire l'apologie de ce mode d'éducation (genre, il faut éduquer vos enfants comme les miens, c'est LA meilleure façon) ou de cracher sur l'éducation non-violente et plus permissive (ouais, tous des hippies yeah). Ce n'est pas mon but, chacun voit midi à sa porte. C'est juste pour vous donner des pistes pour mieux comprendre cette façon d'éduquer, face à des jugements hâtifs basés sur des clichés. Je précise également que je suis ouverte à la discussion (par mail ou dans les commentaires), mais que je n'autorise aucune insulte.

Et je le rappelle, je ne cautionne pas les extrémistes.

Voilà, maintenant vous pouvez éteindre Internet et reprendre une activité normale.


A'tchao, bonne semaine !

C'était mon pavé chinois pour la mare de la Mère Cane.