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mardi 30 juillet 2013

Emoi Emoi prend soin de moi pendant 9 mois




émoi émoi est né du constat que l’univers de la femme enceinte puis allaitante, était déserté par la mode. Futures et jeunes mamans avaient le choix entre s’habiller avec un sac à patates ou … une robe kitsch-mémère. Mais ça, c’était avant !

émoi émoi, c’est Adèle et Nathalie, un duo chic à l’œil avisé et au goût sûr pour vous dénicher une sélection pointue de produits confortables et de grande qualité.

émoi émoi un concept-store entièrement dédié à la femme enceinte, à la jeune maman et aussi à son bébé. Avec plus de 40 marques référencées, on y trouve un large choix de vêtements jolis et colorés : T-shirts, tuniques, pulls, robes, pantalons, … mais aussi maillots de bain, pyjamas et une sélection de lingerie élégante qui nous rappelle que nous pouvons couver ET rester femme. Il y en a pour tous les goûts, du casual au plus habillé.
Un « rayon accessoires » propose des sacs à langer, des bijoux de grossesse, des porte-bébés sling et des accessoires d’allaitement.




Plus récemment, l’e-boutique s’est enrichie de soins de peau pour maman et bébé, adaptés aux besoins spécifiques de la maternité, allant de la crème anti-vergeture aux produits pour la douche et le bain. Insolite : l’huile de massage pour assouplir le périnée en vue de l’accouchement !

Un Guide Beauté très complet est également disponible en ligne, dispensant astuces et conseils pour mieux vivre ses 9 mois à deux dans son corps. Une véritable mine d’informations qui m’auraient été bien utiles lors de ma première grossesse !

Mon gros coup de cœur pour l’huile anti-vergetures grossesse La Surdouée d’Omum. Une marque française qui a composé ses formules avec des ingrédients 100% d’origine naturelle issus de l’agriculture biologique.


Pour rester coquette et se gâter pendant cette période unique qu’est la maternité, courez vite sur le site www.emoi-emoi.com.


Information : PP*

vendredi 3 août 2012

Parfait comme ...


Il y a un truc que je ne vous ai pas encore raconté ... pourquoi mon Chéri Chéri s'appelle HommeParfait ...
   
Alors qu'un soir d'été, nous devisions gaiement, la Reine Mère et moi, j'avais osé soulevé un sujet épineux : SON fils est une vraie tête de mule. A cela me rétorquait-elle : « Mais c'est tout à fait normal, il est entier comme sa mère ! C'est moi qui l'ai élevé, il est très bien comme il est ! ».
    
Au défaut de toujours argumenter (parfois à tort et à travers) pour avoir le dernier mot, elle répondait également : « Mais c'est tout à fait normal, il est comme sa mère ! C'est un scorpion et il a raison de ne pas se laisser faire ! ».
  
Lorsque je félicite son fils d'être un bon père patient, gentil, attentionné envers ses enfants, elle réplique : « Mais c'est tout à fait normal, il est tout comme sa mère ! C'est moi qui l'ai élevé, c'est normal qu'il soit un excellent père et un bon mari ! ».
    
Je précise quand même que j'entretiens des rapports tout à fait amicaux avec ma belle-mère allemande (et pas chinoise ni juive). Mais parfois, elle a ce petit côté mauvaise foi Alain Delon je-m-auto-jette-des-fleurs-au-passage (parmi d'autres) qui me chatouille. Il ne faut surtout pas s'essayer à la contredire, son côté "Mère juive" lui ferait sortir les griffes pour défendre ardemment sa progéniture ! Accrochage garanti !
   
Bref, heureusement, IKEA la Reine Mère est là !
  
   

Par de nombreux côtés, Tibouchon ressemble à son père. Heureusement pour lui, il a hérité d'une majeure partie du caractère paternel. Tout le monde me répète combien Tibouchon est le portrait craché d'HommeParfait. Je suis convaincue que quand mon bébé sera grand, il sera lui aussi un homme parfait. J'y travaille chaque jour, je m'efforce de l'élever dans ce sens. Mais je ne suis pas comme la Reine Mère, non non non. Je ne suis pas atteinte du syndrome de la "Mère juive" avec sa fierté excessive des réussites ou dequalités de ses garçons ... Je suis une mauvaise mère "Mère Tigre" ! J'essaie juste de lui donner une éducation sans faille. Le reste lui appartient.
  
Un jour, mon Tibouchon sera un homme parfait comme ... sa mère finalement ! 
   
Heureusement, Sparkling Mummy est là !
    

Maman Tigre super héros
Super cape Aden+Anais



jeudi 2 août 2012

Survivre aux vacances d'été


Depuis 4 ans, une petite partie des vacances d'été de Tibouchon
se passe chez la Reine Mère, en Bretagne.
     
A chaque fois, il y séjourne environ 2 (trop) loooongues semaines et je me fais violence pour ne pas lui téléphoner 5 fois par jour (j'ai Free, j'ai tout compris !).
       
Ce matin ...
   
La Reine Mère a emmené avec elle dans sa voiture bringuebalante mes deux bébés,
mes deux trésors, mes deux Précieux, mes deux amours !
   
Cette année et pour la première fois, elle a embarqué ma toute petite Chouquette de 13 mois.
Elle qui n'a eu que des garçons et pas de fille. 
  
Saura-t-elle faire ? Se souviendra-t-elle de mes consignes ?
Va-t-elle s'en sortir ? Va-t-elle survivre ?
    
et moi ... vais-je survivre ?
  
A peine quelques heures et ils me manquent déjà.
    
Les rires, les cris, les larmichettes, les courses à quatre pattes, les petits pas,
les chamailleries, les bisous, les câlins, les chansons pour s'endormir, les histoires du soir,
les huuue-dada sur le dos de papa, les parties de cache-cache, les bêtises,
les siestes à quatre, les mercredis à trois, les deux dans le bain ...
    
La maison est inhabituellement silencieuse, vide, comme désertée.
    Quelques jouets qui traînent, un doudou abandonné, un Lego oublié.
    
Je compte les jours. Encore 11 jours avant de les retrouver là-bas et les ramener avec moi !
     
Comme chaque été, j'ai commencé à me gratter. Le stress, l'angoisse. Des plaques d'urticaire qui ne cesseront que dans une dizaine de jours, dans la voiture sur le chemin de la Bretonie !
    
En attendant, je vais profiter de ce moment de répit pour retrouver mon amoureux,
m'occuper un peu de moi, prendre le temps pour buller, soigner mon blog et le ranger,
passer un peu de temps avec mes amis, retaper notre petit nid, me balader
et terminer quelques projets en chantier.
       
Mais surtout, là maintenant, j'ai comme l'impression qu'il me manque un bout de coeur,
un bout de moi, un bout de nous ...
   
Cette année encore, vais-je survivre à ce moment de l'été ?



jeudi 5 avril 2012

On ferme la boutique



Ah quoi ? Comment ? ... Meeuuuh non, je ne ferme pas mon blog ! Je n'ai pas fini ma thérapie, ni de vous abreuver de mes conneries. Non non rien n'a changé, tout tout a continué héhé !
     
C'est juste que, par décret royal de Chéri Chéri, nous ne ferons plus d'enfant. Non, fini, terminé, Danke schön und auf Wiedersehen, da svidaniya. On ferme définitivement la boutique et on dépose le bilan. Liquidation.
     
Avant de rencontrer HommeParfait, je ne m'imaginais pas avoir d'enfant. En même temps, je n'avais pas encore vingt ans. Mais ayant un contexte familial difficile, je ne me voyais pas élever des enfants 100% pur malt sans farines animales pour qu'il me haïssent un jour. Très peu pour moi.
     
Mais sa route a croisé la mienne. Plus qu’un simple pressentiment, j’ai su. J'ai su qu’il allait faire de moi une mère et que j’allais faire de lui un père. Un papa exceptionnel qui déborde d'amour et de tendresse pour ses enfants.

10 ans d’amour et nous voilà avec deux petits pimousses. Au complet ? Je ne sais pas. Quelque part au fond de moi, j’espère peut-être un troisième ? Dans mes rêves les plus fous, nous serions 6 voire plus.
     
Mais il faut bien arrêter de boire se rendre à l’évidence. Je ne suis pas Angelina Jolie et surtout, nous ne sommes pas riches. Le calcul est vite fait ! Si je veux donner assez d’attention à mes enfants, faire en sorte qu’ils ne manquent de rien et pouvoir leur donner sans trop compter, va falloir baisser le store pour de bon.

Et puis, faut bien l'avouer : quand les enfants sont plus grands, il est plus facile de les larguer chez Mamie, une tante, une copine, dans la forêt ... pour se faire une soirée, voire un week end en amoureux !
     
Ma Chouquette commence à bien grandir et je me retrouve souvent à devoir trier ses vêtements devenus bien petits. Ca me pince le cœur de devoir réfléchir à ce que je donne, à ce que je garde … Ca me noue le ventre quand je range les petites affaires de mes bébés dans les cartons. Je me fais violence et puis … et puis … je ne sais pas pourquoi, je procrastine.
     
Faut que je me mentalise et je trierai demain … demain …



lundi 12 décembre 2011

Mais comment font-elles ?




Elles ont l'oeil vif et le poil brillant.
Elles font toujours tout comme il faut.
Elles ne sont jamais fatiguées, toujours bien peignées, habillées et manucurées.
Elles ont retrouvé la ligne à la sortie de la mater, une peau de pêche, des abdos en béton et pas un poil de graisse.
Elles tiennent à longueur de journée sur des talons de 12, elles s'habillent hyper fashion.
Elles trouvent le temps de s'occuper des mioches/de sortir/faire du sport/la cuisine/le ménage/le repassage/du shopping/de s'épiler jambes-maillot-aisselles-moustache.
Elles ont une vie professionnelle brillante + une vie de mère gratifiante + une vie sociale palpitante + une vie sexuelle épanouie, bref UNE VIE parfaite, quoi !
... et parfois, elles bloguent et/ou ont créé leur entreprise (et gagnent sûrement quelques millions) ...
Elles ont des enfants parfaits : leurs bébés ont fait leurs nuits à 1 mois, mangent bien, ne sont jamais malades, sont polis, disent merci, sont toujours propres et ne pleurent jamais.
Elles ont allaité 2 ans, achètent des couches jetables, font elles-même les petits pots bios, aiment l'homéo, ne donnent guère la fessée, ne crient jamais, ne dépriment pas.


Je parle, je parle des ... Perfect Moms. Mais comment font-elles, bordel ?!!!


Parce que moi, j'ai du mal, vraiment. Je n'ai pas assez d'une journée de 24 heures pour caser tout ce que j'ai à faire dedans.
Depuis la naissance de Chouquette, je ne travaille plus les mercredis. Ai-je entendu » Mais que fait-elle de son mercredi alors ? Elle doit glander au bistrot ... « ??? Faut dire, deux enfants, c'est sportif : un grand précoce qu'il faut toujours occuper et une minette qui a chopé la bronchio ou une otite ...
J'ai des poches valises malles sous les yeux, mes cheveux se disent merde et aucun de mes ongles n'a la même longueur qu'un autre ... ah si, j'ai juste eu le temps d'enlever le vernis doré écaillé de cet été, mais pas encore de rattraper mes six ans de ménage en retard.
Ma peau ne ressemble plus à rien, je n'ai plus le temps de me maquiller, même pas un coup de mascara et de blush. J'ai constaté avec horreur ce matin que j'avais la tête de Casper !
Quand mon fils voyait mon (gros) ventre (flasque), il demandait » C'est quand qu'il sort, l'autre bébé dedans ? «. Maintenant, il dit tout bas à ses copains et parfois aux autres mamans » Y a plus de bébé dedans, ma maman a juste un gros bidon moelleux ! «. C'te honte !
Je ne rentre plus dans mes fringues. Si j'achète de nouveaux vêtements, je ne serai plus motivée à me torturer mettre au régime pour rentrer dans les anciens ... mais en attendant, je n'ai plus rien à me mettre à part pyjamas, jogging et quelques sacs à patates. Encore samedi dernier, je suis sortie déprimée d'un cabine d'essayage parce que je venais de réaliser que RIEN de sympa ne me va.


Après ce constat alarmant des dégâts subis, le ravalement de façade devient urgent, là ! Je crois que y a Dukan qui est en train de sonner à ma porte avec des yaourts 0% et du blanc de poulet ...


Niveau allaitement, ma fille a décidé qu'elle ne voulait plus du sein à 5 mois et 3 semaines. Plus de tétée, plus de moment à deux, rien que nous deux. Elle me préfère le biberon et le petit pot. Honte sur moi, même pas bio ni fait maison, le petit pot ! Mon nouveau copain, c'est le petit ours bleu de chez Nestlé.


Le mercredi, plus que les autres jours, je râle, je crie. Je râle après mon fils parce qu'il ne mange pas proprement, parce qu'il regarde plus la télé qu'il ne mange son repas, parce qu'il veut qu'on fasse une activité DIY juste au moment où je dois nourrir sa soeur. Je crie parce que ma fille hurle dans son transat pendant que je nettoie ce que son frère vient de renverser sur le canapé, parce qu'il me demande pour la énième fois » Je m'ennuie. C'est nul. Keskon faaaiiiit ? « en me tirant vivement par la manche juste au moment où j'ai la cuillère pleine de purée de carotte, parce qu'il ne veut pas éteindre la télé, parce qu'il met la musique à fond pendant la sieste de sa soeur, parce que j'ai mal à la tête. Ensuite, je le menace d'une bonne fessée et une fois sur trente, la fessée tombe.


Y a plus de doute, je suis vraiment une mauvaise mère ...





mardi 22 novembre 2011

Élever un enfant pas tout à fait comme les autres


Mensuel 83e année OCTOBRE 2011
CAF du Val-de-Marne
Le mois dernier, j'ai lu avec beaucoup d'intérêt dans le magazine Vies de famille envoyé par la CAF, le dossier » Élever un enfant différent «

En voici quelques extraits :
» Autisme, handicap physique ou mental, surdité, obésité, précocité, hyperactivité ... les différences sont multiples. Et pour les parents, il y a diverses façons de réagir à cette situation. Même si beaucoup ont en commun de la vivre assez douloureusement, au moins dans un premier temps, et surtout quand il est question d'un réel handicap. " A l'annonce de la nouvelle, c'est le chaos dans la famille qui connaît un véritable traumatisme. Les parents éprouvent toutes sortes de réactions émotionnelles incontrôlables. Ils peuvent ressentir un grand sentiment d'injustice : ' Pourquoi nous, qu'avons-nous fait de mal ? ' Et aussi ressentir de la peur (...) Toutes ces pensées sont parfaitement normales, on n'a pas à en avoir honte. " encourage Maurice Ringler, psychologue*.
(...) Mais quels que soient leurs états d'âme, les parents d'enfants différents doivent bien faire face, inventer au jour le jour une parentalité adaptée à leur bambin pas tout à fait comme les autres. Or, plus que d'autres pères et mères, ils sont guettés par certains pièges. Le premier d’entre eux est sans doute la surprotection. (...) Alors, il faudrait l'éduquer comme si de rien n'était ? Il n'est bien sûr pas question de dénier le handicap mais de ne pas lui accorder toute la place non plus. Un enfant handicapé est avant tout un enfant qui, comme tous les autres, a envie de grandir, de tester les limites qu'on lui pose, qui affectivement connaît les mêmes crises (Oedipe, l'adolescence). Il s'agit donc d'essayer de trouver le juste milieu entre la nécessaire protection dont il a besoin et le fait de le traiter comme tout autre enfant de son âge. (...)  le gâter beaucoup pour compenser les éventuelles difficultés qu'il rencontre à l'extérieur, compatir à l'extrême au point de vivre les choses à sa place ne l'aidera en rien.  Bien au contraire !
(...) Autre écueil fréquent : quand la différence d'un enfant conduit à manquer de partialité au sein de la fratrie. (...) de quoi créer de vraies bombes à retardement ...
(...) Un chose est sûre, avoir un enfant différent exige des parents une énergie énorme car tout est plus compliqué à organiser : sa scolarisation, ses loisirs, ses vacances, son quotidien. Et parfois, les forces manquent ...
(...) Beaucoup de parents d'enfants différents ne se reconnaîtraient pas si nous n'évoquions aussi le formidable enrichissement humain qu'ils retirent souvent de leur parentalité particulière ! (...) " Élever un enfant qui diffère des normes habituelles oblige à se poser de nombreuses questions, à réfléchir à son rôle de parent, à la manière de l'exercer. Cela donne de la profondeur, de l'épaisseur " confirme Nicole Prieur, psychothérapeute d'enfants**.
Respect, a-t-on envie de dire à tous ces courageux parents ... «

Durant sa quatrième grossesse, ma mère avait un pressentiment, la vague impression que quelque chose n'allait pas. Son gynécologue lui a refusé l'amniocentèse, la croyant parano. Ma mère a 34 ans. Au moment de l'accouchement, l'équipe médicale est restée bouche bée. Le verdict est tombé : Trisomie 21 avec malformation cardiaque. Sa fille est trisomique, différente, handicapée, retardée, encore bébé malgré ses 23 ans, » cabossée « comme dirait mon Tibouchon ... 
La vie est cruelle avec mes parents. Après avoir traversé la guerre, quitté leur pays, survécu à la mort de leur tout premier enfant, ils doivent maintenant surmonter le handicap de leur petite dernière. A l'annonce de la nouvelle, mes parents sont anéantis ... mais il faut faire face, il n'y a plus le choix maintenant. Oui, face à cette épreuve, il y a ma mère, mon frère et moi ... Mon père s'est perdu en route, il a démissionné, quitté le navire, abandonné la troupe, nié l'évidence. Il n'a pas pu accepter que l'un de ses enfants ne soit pas normal, c'était sûrement au-dessus de ses forces de pouvoir aimer cette enfant autant que les autres. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui ont conduit au naufrage de leur couple. Alors, ma mère a compensé pour deux. Elle l'a choyée, entourée, gâtée, surprotégée, cajolée, chouchoutée, dorlotée. Tout était excusé par un " Mais elle est handicapée, alors si ça peut lui faire plaisir ... " ou " Tu vois bien qu'elle est handicapée, elle ne peut bien évidemment pas faire ci ou ça ! "
Mes parents travaillaient 14 heures par jour et n'étaient quasi jamais là. Etant l'aînée, j'ai dû prendre en mains mon frère et ma soeur. Faire l'éducation à la place d'une maman débordée et d'un papa démissionnaire. Est-ce que ça a fait de moi une " bombe à retardement " ? Peut-être ...
Notre combat quotidien depuis ces 23 dernière années, c'est de supplier pour une prise en charge, de mendier une place à l'école ou dans un foyer de vie (même pas en France mais en Belgique !), courir après les papiers, faire les examens médicaux, remplir des dossiers interminables, attendre quasi sans fin les résultats de commissions pour décider si elle a droit à telle ou telle chose.
Aujourd'hui, je suis partie du nid pour fonder ma famille. Elle assure toujours comme mère et maintenant, comme grand-mère, même si elle est fatiguée. Malgré quelques coups de mou de temps en temps ... souvent ... malgré tout, elle continue à aimer sa fille » cabossée « et à se battre avec courage pour elle au quotidien.

Alors oui, maman ... Respect !


* Auteur de Comprendre l'enfant handicapé et sa famille, Dunod
** Auteur de Petits règlements de comptes en famille, Albin Michel



jeudi 15 septembre 2011

C'était il y a 3 mois, quand Chouquette nous a rejoint

Après neuf mois de patience, Clémence s'est blottie doucement dans nos bras le 15 juin 2011.
C'est avec une immense joie que nous vous annonçons sa naissance.


Le mardi matin, rangement de l’appart en cours et c’est l’heure d’aller chercher Tibouchon à l’école pour le déjeuner. Me disais que ça lui ferai plaisir de passer un peu plus de temps avec Maman et de sécher la cantine. C’est là qu’il commence à avoir la tête en surchauffe. Début de soirée avec un 40 affiché par le thermomètre = SOS Médecins qui envoie un petit docteur à la barbe blanche. On dirait le Professeur Tournesol huhu J. Il se met à palper Tibouchon dans tous les sens mais ne trouve rien : il ne s’explique pas la fièvre. C’est là que mon fiston vomit toutes ses tripes sur le bon docteur qui fait maintenant grise mine. Cela présage une belle nuit de délire, du jamais vu …
Le lendemain matin 06H00, réveil en sursaut, je perds les eaux. C’est le signal du départ ! Mais je n’ai pas fini ma valise, il me manque des papiers pour la mater, je n’ai pas fini mon rangement ni le ménage, il me faut aussi un petit déj’ et mon pauvre Tibouchon qui n’est pas bien … pfffff c’est vraiment le jour ! Faut laisser mon loulou à la maison. Bisous, gros bisous, petite larme de maman qui s’inquiète pour son fiston. HommeParfait me presse pour aller à la mater comme si c’est lui qui allait accoucher. On embarque sac, valises, croissants et Ipod dans la voiture pour se lancer dans les embouteillages. Contractions : je gère bien, je respire.
Arrivée à l’hôpital, je vais vite en salle de naissance. Il parait que j’accouche « en boulet de canon » … L’équipe est super sympa, chacun se présente. HommeParfait me tient la main. On me demande si je veux la péridurale que je finis par accepter avec la plus grande hésitation ... mouais, ‘façon, ch’suis pas obligée d’appuyer sur la pompe, hein ? Mon amoureux me glisse en douce des petits bouts de croissants pour tenir le coup.
Reste le prénom … le prénom de Chouquette ! Mon chéri ne l’avait toujours pas choisi. Bon, en course, il reste Camille et Clémence. Va falloir trancher là, et vite ! Les contractions viennent de plus en plus fort mais je gère, je respire bien. J’ai envie de vivre mon accouchement de manière la moins anesthésiée possible. Avant qu’elle ne sorte, petite pousse sur la pompe à péri, histoire que l'épisio et les points de suture se fassent sans trop de douleur.
« Inspirez et poussez bien fort, Madame ! » … Aarrrggggghhhh … « C’est bien, je vois déjà une mèche de cheveux ! Poussez encore ! » … Woouuuiiiiiinnnnn !!!!!!
La sage-femme me pose notre petite plume sur le ventre. C’est le même visage que notre Tibouchon ! La larme à l’œil, HommeParfait coupe le cordon qui part pour le don. Chouquette rampe jusqu’au sein et se met à téter spontanément, puis s’endort contre moi. Je suis sur mon petit nuage, elle va bien, elle est parfaite. Il est 11H45. Elle est si calme, si sereine, elle ne pleure même pas avec les gouttes dans les yeux. Verdict : nous décidons de l’appeler Clémence, Sophie. Cela sonnait comme une évidence : clémence et sagesse … Nous l’appelons aussi Xuan Lin qui, en chinois, signifie Jade précieux et lumineux.
Quand on croit que tout est fini … Mais c’est là que tout se gâte : hémorragie trop importante. Des débris de placenta sont restés coincés à l’intérieur et des caillots se sont formés. On demande à HommeParfait de sortir avec Chouquette. L’angoisse ! Mon homme est tout blanc et me jette un regard d’incompréhension. Je fais une baisse de tension puis un malaise. Je me suis sentie partir … Je termine mon marathon en soins intensifs. Dans la salle de réanimation, on me transfuse 2 culots de sang et m’injecte un tas d’autres produits. On me pose deux sondes qu’on me scotche des cuisses au tibia. Interdiction de manger et de boire, au cas où je devrais passer d’urgence sur le billard. Ca ne va pas super fort. Les produits dans les perfs me brûlent les bras, je ne sens plus le bas de mon corps. J’ai l’impression d’avoir combattu contre Tyson, The Undertaker et Bruce Lee ! Va falloir que je me retape un peu pour pouvoir rentrer à la maison.
Je retrouve HommeParfait dans la salle de réa avec ma Chouquette dans l’après-midi. Je peux enfin la prendre un peu plus longtemps dans les bras. Je suis soulagée de les voir. Ils repartent au bout de deux heures. La chef de clinique revient me voir avec son équipe. Il reste encore des caillots à l’intérieur. Je n’ai pas encore mangé ni bu, au cas où … Je fais encore un malaise, hypotension. Je me réveille avec l’anesthésiste sympa du matin qui me tient la main. Elle m’explique qu’il va falloir me garder dans le service encore au moins 24 heures, voire 48 heures.
J’ai deux personnes en permanence nuit et jour dans ma chambre en réa, en plus des docteurs qui viennent me voir et me presser le ventre toutes les heures. Heureusement que le personnel de l’hôpital est d’une extrême gentillesse. J’ai mal, je suis ankylosée, je ne peux pas bouger de ce lit. J’ai faim et surtout super soif. Je les menace de manger les couvertures et le montant du lit s’ils ne me donnent rien. Une infirmière a pitié de moi et me donne dans la nuit le tiers d’un petit verre d’eau. C’est mieux que rien.
Seul HommeParfait peut venir me rendre visite avec Chouquette dans son bocal à roulettes. Je ne verrai mon Tibouchon que 3 jours après. Ca me fout les boules quand je pense au tit pépère. J’ai envie de pleurer quand je l’entends au téléphone me dire qu’il m’aime et qu’il ne faut pas que j’aie peur toute seule à l’hôpital. Au final, on me libère au bout de 48 heures pour monter dans une chambre normale. Je peux enfin avoir un déjeuner à peu près correct (ça m’a rappelé la bouffe de la cantine au collège). Je peux enfin me lever et me laver, sentir le propre. Je peux enfin serrer mon Tibouchon dans mes bras et lui présenter sa petite sœur tant attendue.
Pendant tout ce temps, Chouquette a été super. Elle n’a pas bronché, pas pleuré une seule fois. Comme si elle avait compris que l’instant était grave et qu’il ne fallait pas inquiéter plus son papa.
Je suis aidée pour la mise au sein et l’allaitement démarre bien. Je suis très fatiguée. Je sens les contractions à chaque fois que j’allaite ma fille. Chouquette dort à la nursery la nuit pour que je puisse me reposer. La sage-femme me donne plein de bons conseils et me met bien en confiance pour rentrer à la maison. Je serai moins déboussolée à la sortie, même si j’ai déjà eu un prems. Non non non, cette fois, je ne déprimerai pas. Au bout de cinq jours, je rentre avec ma jolie petite fille dans les bras. Tibouchon a eu le droit de sécher l’école pour venir me chercher ce matin-là.
Après tout ça, je me rends compte à quel point ma petite famille est précieuse. Je m’imprègne de chaque moment passé avec mes trois amours. Je profite de chaque minute et je leur répète tout le temps que je les aime fort, jusqu’à l’infini et même plus loin ! Je savoure chaque baiser, chaque câlin. Et quand je regarde ma fille, je me dis : « Peu importe ce qu’il s’est passé, c’était dur mais ça valait vraiment le coup ! ».
Chouquette, nous débordons tous d'amour pour toi !